Donald Trump veut gracier des criminels de guerre américains et divise même les vétérans

Le président américain a apporté son soutien à des soldats accusés d'avoir notamment tué des prisonniers et des civils.[SAUL LOEB / AFP]

Donald Trump envisagerait de gracier rapidement des soldats américains inculpés, ou déjà condamnés, pour des faits de crimes de guerre, meurtres, tentatives d’assassinat ou même profanation de cadavre.

Selon le New Yok Times, le président souhaiterait ainsi marquer un grand coup pour le «memorial day» journée d’hommages aux membres des forces armées américaines mortes au combat, toutes guerres confondues, organisée chaque année le dernier lundi du mois de mai (donc le 27, pour 2019).

Le cas le plus médiatique est celui du Neavy seal (forces spéciales de la marine) Edward Gallagher, qui risque la prison à vie pour avoir, en 2017, commis plusieurs crimes en Irak. Il est accusé d’avoir poignardé à mort et s’être acharné sur un prisonnier de 15 ans appartenant à Daesh, d’avoir tiré à la mitraillette lourde contre des civils et d’avoir tué au sniper une femme en hijab et un vieil homme non armé.

Un prisonnier tué puis jeté dans un puit

Un autre cas concerne un officier des bérets verts, les forces spéciales de l’armée de terre, Mathew L.Golsteyn. Il est accusé d’avoir tué un prisonnier afghan qui venait d’être relaché après un interrogatoire, puis d’avoir jeté son corps dans un puit en feu. Un ancien militaire, qui était en Irak pour le compte d’un société privée (Blackwater), est lui poursuivi pour le meurtre de 14 civils désarmés, dont dix femmes et deux enfants.

Quatre snipers des Marines ont également été reconnus coupables de manquement au devoir. Ils avaient été filmés en train d’uriner sur des cadavres de combattants talibans.

Alors que sur Twitter, Donald Trump avait déjà apporté son soutien aux deux premiers (il a qualifié le major Golsteyn de «héros militaire»), des élus républicains et certains médias militent pour le pardon présidentiel. C’est «la dure réalité de la guerre», ont expliqué les familles des mis en cause, sur Fox News.

débat aux etats-unis

Mais pour de nombreuses personnes, y compris parmi l’armée, cette grâce pour des criminels de guerre risquerait d’ouvrir la porte à une pratique dangereuse. Un chroniqueur du Washington Post explique ainsi que «Trump dit aux troupes : n’écoutez pas vos supérieurs. Ignorez les règles d’engagement. N’hésitez pas à commettre des atrocités dans l’attente d’un grâce présidentielle».

Alors que le président américain a déjà usé plusieurs fois de cette clémence envers des personnes proches de ses idées (pour des dossiers de fraudes ou de discrimination), la question du contrôle de ce pouvoir par le Congrès se pose de plus en plus. L’élu républicain Dan Crenshaw, ancien Neavy Seal, a demandé que les soldats soient au minimum jugés avant d’être graciés.

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