Elections européennes: cinq candidats qui sortent du lot

L'ancien ministre des Finances d'Alexis Tsipras, le grec Yanis Varoufakis, est candidat aux élections européennes le 20 février 2016 [JAVIER SORIANO / AFP/Archives] L'ancien ministre des Finances d'Alexis Tsipras, le grec Yanis Varoufakis, est candidat aux élections européennes le 20 février 2016 [JAVIER SORIANO / AFP/Archives]

Un réfugié somalien devenu écolo anglais, un indépendantiste catalan emprisonné, une transsexuelle polonaise: parmi les candidats au parlement européen, certains ont des profils plus inattendus que d'autres.

Au plus fort de la crise grecque en 2015, il était la bête noire du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble qui réclamait des économies drastiques en échange de prêts à Athènes. Quatre ans plus, Yanis Varoufakis est candidat aux élections européennes... à Berlin.

Varoufakis candidat à Berlin

Agé de 58 ans, cet économiste iconoclaste, ancien ministre des Finances d'Alexis Tsipras, mène la liste Démocratie en Europe: un parti politique allemand qui fait partie de DiEM25, le mouvement transnational et anti-establishment qu'il a largement contribué à lancer début 2016.

Crédité de moins de 1% des voix dans les sondages, il a opté pour l'Allemagne et ses règles électorales plus favorables, qui ne prévoient pas de seuil minimal à atteindre dans le scrutin proportionnel.

Sa liste milite pour un «New Deal vert» et, dans un souci de transparence, la retransmission de toutes les réunions des dirigeants européens et de la Banque centrale européenne (BCE), perçue par de nombreux Grecs comme responsable de la politique d'austérité des dernières années dans leur pays.

Le descendant de Mussolini

Caio Giulio Cesare, autrement dit Caius Jules César, est le deuxième descendant de Mussolini à tenter l'aventure du parlement européen, après Alessandra, la cousine de son père, eurodéputée depuis 2014.

Arrière-petit-fils du dictateur italien, il est seulement 10e sur la liste de la grande circonscription Sud de Fratelli d'Italia (FdI, Frères d'Italie), petit parti d'extrême droite qui n'est pas assuré d'atteindre le seuil de 4% des voix le 26 mai pour être représenté à Strasbourg.

Si d'aventure il était élu, cet ancien officier sous-marinier de 51 ans, aujourd'hui dirigeant d'entreprise basée dans les Emirats arabes unis, aurait pour priorités de supprimer le siège du Parlement européen à Strasbourg -- «un gaspillage d'argent» -- et de donner plus de pouvoir aux eurodéputés.

Le réfugié somalien, écolo et anglais

Né en Somalie, Magid Magid, âgé de 29 ans, a trouvé refuge en Grande-Bretagne lorsqu'il était enfant et a grandi dans un quartier pauvre de la ville industrielle de Sheffield, dans le nord de l'Angleterre.

Candidat pour les Verts britanniques au Parlement européen, il veut être la voix des jeunes et des réfugiés, mais ses chances d'être élu sont très minces.

En campagne récemment à Londres, il arborait un T-Shirt avec le slogan «Immigrants Make Britain Great».

Son instinct pour attirer l'attention sur les causes qu'il défend s'est notamment manifesté en 2017, lorsqu'il a couru le semi-marathon de Sheffield déguisé en arbre pour protester contre les politiques d'abattage de la ville.

L'indépendantiste catalan en prison

L'ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras, en détention provisoire en Espagne, est le chef de file des partis régionalistes européens pour le scrutin du 26 mai et donc leur candidat pour la présidence de la Commission.

Il a pu se présenter aux élections européennes car il n’a pas encore été jugé. Une condamnation l’aurait disqualifié.

Agé de 50 ans, cet ancien professeur d'université, qui a été eurodéputé entre 2009 et 2011, encourt 25 ans de prison pour son rôle dans la tentative de sécession d'octobre 2017.

Considéré comme le grand rival de Carles Puigdemont pour la direction du mouvement indépendantiste catalan, il bénéficie d'une certaine aura pour être resté en Espagne et avoir être incarcéré, contrairement à M. Puigdemont qui a fui et vit en exil à Waterloo, près de Bruxelles.

La transsexuelle polonaise

Anna Grodzka, députée transsexuelle polonaise et candidate au parlement européen, le 8 mars 2019 à Varsovie [Janek SKARZYNSKI / AFP/Archives]

Anna Grodzka a déjà une place dans l'histoire parlementaire polonaise: en 2011, elle est devenue la première députée transsexuelle de ce pays de tradition très catholique.

Agée de 65 ans, elle tente désormais d'obtenir un siège à Strasbourg sur la liste du petit parti de gauche Razem (Ensemble), même si ses chances paraissent bien minces: elle n'est pas tête de liste et les sondages créditent son parti de peu de voix.

Née garçon sous le nom de Krzysztof, Grodzka dit avoir vite compris qu'elle n'avait pas le corps qui aurait dû être le sien. A 11 ans, elle se rebaptise Anna dans son journal intime.

Cette ancienne éditrice et réalisatrice s'est mariée alors qu'elle était encore un homme avec une femme. Le couple a eu un fils. C'est après son divorce en 2007 que Grodzka a entamé un traitement pour devenir femme.

Elle a participé à la création de Trans-Fuzja, une fondation qui conseille les transsexuels et soutient le mouvement LGBT.

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