Le nombre de pays pauvres a été divisé par deux en vingt ans

Le Kenya fait partie des 32 pays à être passés de la catégorie «à bas revenu» à celle «à revenu intermédiaire». Le Kenya fait partie des 32 pays à être passés de la catégorie «à bas revenu» à celle «à revenu intermédiaire». [Luis TATO / FAO / AFP]

Le nombre de pays pauvres dans le monde a été divisé par près de deux en moins de vingt ans, passant de 64 en 2001 à 34 en 2019, selon un rapport de la Banque mondiale publié mardi 4 juin.

La moitié des pays «à bas revenu» en 2001 - c'est-à-dire avec un revenu national brut par habitant inférieur à 755 dollars par an, soit 670 euros - ont ainsi réussi à rejoindre la catégorie des pays «à revenu intermédiaire» en 2019, deux Etats faisant le chemin inverse. Une performance d'autant plus remarquable que le seuil de pauvreté a été relevé entre-temps à 995 dollars, soit 885 euros.

Pour la Banque mondiale, les raisons d'un tel phénomène sont diverses. Pour certains pays, cela s'explique par le boom du prix des matières premières (Côte d'Ivoire, Cameroun, Ghana...). D'autres ont réussi à rebondir après avoir connu une grave récession dans les années 1990 (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie...), ou profité de l'apaisement des conflits chez eux (Burundi, République démocratique du Congo, Rwanda...). Enfin, une meilleure intégration dans le commerce international (Moldavie, Kenya, Nicaragua...) ou des annulations de dettes au début des années 2000 en ont également aidé certains.

Inquiétude sur les pays les plus pauvres

Mais la Banque mondiale n'est pas très optimistes pour les pays qui sont toujours dans la catégorie «à bas revenu», dont la majorité est située en Afrique. «Comparés aux pays à faible revenu de 2001 qui sont devenus des pays à revenu intermédiaire, les pays à faible revenu d’aujourd’hui sont plus loin du seuil de revenu intermédiaire et sont souvent plus fragiles que les pays à faible revenu de 2001», explique l'institution financière.

«Leur forte dépendance vis-à-vis de l'agriculture les rend vulnérables au changement climatique et aux phénomènes météorologiques extrêmes», poursuit-elle. Le fait que la plupart de ces pays pauvres se situent en Afrique les désavantage également pour stimuler leurs échanges commerciaux, en créant un phénomène d'enclavement. Enfin, les conflits dans beaucoup d'entre eux restreignent leur capacité à développer leur économie.

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