Les tensions s'accentuent entre Renault et Nissan

Jean-Dominque Senart (à gauche), président du conseil d'administration de Renault, aux côtés de Hiroto Saikawa, PDG de Nissan, le 11 mars 2019.[Behrouz MEHRI / AFP]

Nouvelle brouille entre les deux constructeurs automobiles : Renault menace désormais de bloquer un changement de réforme dans la gouvernance de Nissan.

Dans un contexte déjà particulièrement chaotique depuis l’arrestation en novembre dernier de Carlos Ghosn (inculpé pour malversations présumées), et amplifié la semaine dernière par la mise à l’écart des Japonais dans les discussions de fusion avec Fiat (qui ont finalement capoté), le constructeur automobile français pourrait s'opposer à la modification de la gouvernance de l'entreprise nippone.

La crainte d'une perte d'influence

Nissan a confirmé dans un communiqué avoir «reçu une lettre de Renault signalant son intention de s'abstenir de voter» sur la mise en place de trois comités (nominations, audit et rémunérations), lors de l'assemblée générale des actionnaires du constructeur nippon, prévue le 25 juin. Une réunion qui devait permettre de tourner la page après la disgrâce de son ancien dirigeant, grâce à la remise à plat de sa gouvernance.

Cette réforme avait pourtant été «approuvée par l'ensemble des administrateurs», dont le président du conseil de la firme au losange, Jean-Dominique Senard, selon le patron du groupe japonais, Hiroto Saikawa. «Nissan juge la nouvelle position de Renault des plus regrettables», ajoute ce dernier.

L'abstention française condamnerait en effet le projet, qui doit être approuvée par une majorité des deux tiers, indique le Financial Times, qui a rapporté l’affaire. D'après le journal britannique, Jean-Dominique Senard affirme craindre que les trois nouveaux comités soient utilisés d'une façon ou d'une autre pour réduire l'influence de Renault.

l'etat français tente de réchauffer l'atmosphère

L'envoi de ce document va intensifier les tensions au sein de l'alliance automobile (Renault détient 43,4% de Nissan qui contrôle de son côté 15% du capital de l'entreprise au losange, à quasi égalité avec l'Etat français), alors que les dirigeants japonais avaient déjà rejeté au printemps une offre pour davantage d'intégration avec le constructeur français.

Samedi, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait tenté de réchauffer les relations avec les Japonais, en indiquant que l’Etat français était prêt à réduire sa part dans Renault, afin de montrer sa bonne volonté pour «renforcer l’alliance» avec Nissan.

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