Tout savoir sur Boris Johnson, candidat favori à la succession de Theresa May

Il figure parmi les dix prétendants à la succession de Theresa May au 10 Downing Street. Eurosceptique de la première heure, l'ex-chef de la diplomatie britannique Boris Johnson est même l'un des grands favoris. Mais il est également connu pour ses gaffes et ses punchlines provocatrices.

Trublion, provocateur et n'ayant pas sa langue dans la poche, l'homme à la tignasse blonde défraye régulièrement la chronique, que ce soit au sujet de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ou de sa vie personnelle.

En course pour ravir le poste de Premier ministre, à la suite de la démission de Theresa May le 7 juin dernier, il a reçu le soutien du président des Etats-Unis Donald Trump en visite officielle en Angleterre. Mais il est surtout le grand favori du parti conservateur, dont il fait partie. 

D'ailleurs, ce n'est pas la première fois qu'il convoite la place de Premier ministre. En 2016, il avait râté de justesse la marche après la démission de James Cameron. 

Un eurosceptique de la première heure

«Si j'entre [au 10 Downing Street], nous sortirons le 31 octobre avec ou sans accord. C'est ce que nous ferons», promet l'ancien ministre des Affaires étrangères, dans sa première vidéo de campagne publiée sur Twitter sur le compte @BackBoris (comprenez «soutenez Boris»). Avant de renchérir par : «nous devons avoir le courage de dire aux gens de ce pays que nous pouvons le faire si nous le voulons vraiment».

La question de la sortie du Royaume-Uni de l'UE est au coeur de sa campagne. Car «Bojo», comme on le surnomme, a été l'un des grands artisans de la victoire du Brexit lors du référendum de juin 2016. Et il assumait déjà son euroscepticisme lorsqu'il était journaliste au Daily Telegraph en 1989, en charge de l'Europe, à Bruxelles. Comme le souligne Sonia Purnell, dans la biographie qu'elle lui consacre («Just Boris : Boris Johnson, The irresistible rise of a political Celebrety») : «il a aidé à faire que l'euroscepticisme ne soit plus l'apanage des opposants traditionnels à l'Union européenne venant du parti travailliste (...) et il l'a  transformé en une cause attirante et qui a un retentissement émotionnel après du parti conservateur.»

Et aujourd'hui, Boris Johnson bénéficie d'un important soutien populaire, et ce malgré ses mensonges liés au Brexit.

Poursuivi pour ses mensonges

Accusé de mentir pendant la campagne du référendum pour la sortie du Royaume-Uni, Boris Johnson vient d'obtenir, vendredi 7 juin, l'annulation des poursuites engagées contre lui. «Nous annulons la décision du juge (...) de délivrer la citation à comparaitre», a annoncé le juge Michael Superstone, car la Haute cour s'est déclarée convaincue par les arguments de la défense. Une décision qui tombe à pic, alors qu'il venait d'être renvoyé devant la justice. 

Il lui avait été reproché lorsqu'il était maire de Londres et fervent défenseur du Brexit, d'avoir menti quant au coût de l'adhésion du Royaume-Uni à l'Union européenne. Il avait déclaré que le Royaume-Uni versait 350 millions de livres - soit 400 millions d'euros - par semaine à Bruxelles. Une affirmation écrite sur des bus et mis en circulation dans tout le pays. «Nous envoyons 350 millions de livres à l'UE chaque semaine, finançons plutôt notre NHS (le service de santé public, ndlr)», pouvait-on lire dessus.

Ce chiffre reprend effectivement la contribution britannique brute au budget de l'UE, mais ne tient pas compte des subventions européennes que le pays reçoit. Selon l'avocat des plaignants, Boris Johnson avait fait preuve d'un comportement «à la fois malhonnête et irresponsable». Tandis que pour la défense, il s'agit «d'un coup monté» à des «fins politiques» et d'une «tentative de certains individus, comme M. Ball, de revenir sur le résultat du référendum».

L'homme d'affaires Marcus Ball avait déposé plainte pour «faute grave dans l'exercice de ses fonctions», arguant que Boris Johnson savait très bien que cette somme était fausse.

Une famille divisée

La famille Johnson est partagée, entre le camp du «remain» et celui du «leave», porté par Boris, sa mère Charlotte et son père Stanley. S'oppose donc à eux, une partie de la fratrie, Jo, Rachel et Leo Johnson.

Jo, ministre des Transports dans le gouvernement May avait démissionné, comme son frère, mais pour des raisons opposées, puisqu'il est un ardent défenseur de l'Union européenne.

Tout comme sa soeur, Rachel, journaliste londonienne. Aux Européennes, elle avait fait campagne pour l'équipe «Change UK», l'un des partis européistes britanniques.

Un habitué des frasques

L'ancien maire de Londres s'est surtout rendu célèbre pour ses bourdes diplomatiques à répétition. En 2016, le tout jeune ministre avait déclaré lors d'une convention du Parti conservateur à Birmingham, que le continent africain était un pays. «A cause de toutes ces difficultés, l'espérance de vie a progressé en Afrique, le pays faisant désormais partie du système économique mondial», avait-il déclaré.

Un an plus tard, lors d'un déplacement à Bristol dans le cadre de sa fonction, le ministre des affaires étrangères - coiffé d'un turban orange - avait prôné l'exportation de whisky en Inde, alors qu'il se trouvait dans un temple sikh, religion interdisant à ses pratiquants la consommation d'alcool.

Et plus récemment, Boris Johnson n'avait pas hésité à commenter la décision du Danemark d'interdire le port du voile intégral dans les espaces publics. Dans une chronique publiée en août 2018 dans le Daily Telegraph, il avait comparé les femmes portant la burqa à «des boîtes aux lettres». «Je dirais qu'il est absolument ridicule que certaines personnes choisissent de se balader en ressemblant à des boîtes aux lettres», avait-il commenté.

Bien que grand favori, le truculent Boris Johnson a face à lui une dizaine de concurrents au poste de Premier ministre. Et tous devront patienter jusqu'à la semaine du 22 juillet, date à laquelle sera officiellement choisi le successeur de Theresa May.

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