Royaume-Uni : qui pour succéder à Theresa May ?

Jeremy Hunt, Boris Johnson, Michael Gove et Dominic Raab font partie des sept prétendants encore en lice pour la succession de la Première ministre britannique Theresa May. Jeremy Hunt, Boris Johnson, Michael Gove et Dominic Raab font partie des sept prétendants encore en lice pour la succession de la Première ministre britannique Theresa May. [STF / AFP]

Au Royaume-Uni, sept candidats sont encore en lice pour succéder à la Première ministre Theresa May (qui a démissionné le 7 juin), après le premier tour de l'élection à la tête du Parti conservateur, qui a eu lieu ce jeudi 13 juin. Boris Johnson, Jeremy Hunt, Michael Gove... Qui sont les prétendants ?

Boris Johnson

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Tolga AKMEN / AFP)

C'est «THE» favori à la succession de Theresa May. Boris Johnson, ancien ministre des Affaires étrangères et ex-maire de Londres, est arrivé largement en tête, ce jeudi 13 juin, du premier tour de l'élection du prochain chef du Parti conservateur (qui deviendra Premier ministre). Il a recueilli les voix de 114 députés tories (sur 313).

Il apparaît par ailleurs comme le candidat préféré des adhérents de sa formation (mais également du président américain Donald Trump), selon un sondage YouGov publié le 17 mai dernier par le quotidien The Times. Il est en effet plébiscité par 39 % des personnes interrogées, contre 13 % pour l'ancien ministre du Brexit Dominic Raab, qui arrive en deuxième position. Mais de nombreux députés reprochent à «Bojo», 54 ans, son caractère imprévisible et son manque de crédibilité sur la scène internationale, son passage au ministère des Affaires étrangères ayant été marqué par de multiples gaffes. 

Figure de proue du camp du «Leave» lors de la campagne du référendum sur le Brexit de juin 2016, Boris Johnson est l'un des plus fervents défenseurs d'un Brexit «dur». Il a démissionné du gouvernement en juillet 2018, étant en désaccord avec la vision de Theresa May sur le Brexit, pas assez ferme selon lui. Ainsi, il n'exclut pas une sortie de l'UE sans accord le 31 octobre prochain, comme il l'a affirmé dans une vidéo de campagne diffusée sur Twitter lundi 3 juin.

Jeremy Hunt

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(©Daniel LEAL-OLIVAS / AFP)

Arrivé deuxième du premier tour de l'élection du chef des Tories (43 voix), Jeremy Hunt, 52 ans, occupe le poste de ministre des Affaires étrangères au sein du gouvernement de Theresa May. Contrairement à Boris Johnson, il fait partie du camp des Brexiters modérés. Il avait même voté pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, avant de changer d'avis, déçu par l'approche «arrogante» de Bruxelles dans les négociations. Mais, pour lui, un «no deal» serait un «suicide politique». Il pense pouvoir renégocier l'accord de Brexit avec l'UE, s'appuyant sur une discussion qu'il a eue avec Angela Merkel.

Cet ancien homme d'affaires parlant couramment le japonais s'est construit sa notoriété en supervisant les Jeux Olympiques de Londres en 2012, lorsqu'il était ministre de la Culture. Cette réussite l'a conduit au ministère de la Santé, où «Téflon Jeremy» s'est taillé une réputation de responsable ne craignant pas les défis, puisqu'il a été confronté pendant six ans à un service public de santé (NHS) en pleine crise.

Michael Gove

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(©Ben STANSALL / AFP)

Le ministre de l'Environnement Michael Gove, 51 ans, pourfendeur du plastique, a l'avantage d'avoir déjà connu une campagne pour la tête du Parti conservateur. C'était en 2016, après la démission de David Cameron, suite au référendum sur le Brexit. Il avait finalement fini troisième, derrière Theresa May et Andrea Leadsom.

Sa candidature à l'époque avait été une surprise. En effet, après avoir été l'un des premiers politiques conservateurs à publiquement soutenir les pro-Brexit lors de la campagne, il était rapidement devenu le lieutenant de Boris Johnson. Mais il l'avait ensuite poignardé dans le dos, en lui retirant son soutien, et en présentant sa propre candidature, ce qui avait conduit «Bojo» à jeter l'éponge.

Considéré comme l'un des favoris, Michael Gove - troisième du premier tour de l'élection du chef des Tories (37 voix) - se retrouve en pleine tempête depuis qu'il a admis le 8 juin avoir consommé de la cocaïne à plusieurs reprises il y a vingt ans, lorsqu'il était un jeune journaliste. Sur le Brexit, il est prêt à demander un nouveau report si l'UE accepte de renégocier l'accord.

Dominic Raab

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(©AFP / PRU)

Deuxième candidat préféré des militants conservateurs selon le sondage YouGov du 17 mai, Dominic Raab, 45 ans, fait partie de la jeune garde du parti Tory. Ex-ministre du Brexit, cet ancien avocat spécialisé en droit international a démissionné en novembre dernier, quatre mois seulement après sa prise de fonctions.

Pour justifier son geste, cet europhobe ultra-libéral, troisième dan de karaté, avait déclaré que l’accord de retrait scellé par Theresa May avec l'UE était «mauvais pour l'économie et la démocratie» britanniques. Comme Boris Johnson, il ne ferme pas la porte à une sortie de l'UE sans accord le 31 octobre, ne voulant pas repousser de nouveau le Brexit. D'après les médias britanniques, la constance de ses positions sur cet épineux dossier est l'un des points forts de Dominic Raab, arrivé quatrième du premier tour de l'élection du chef des Tories (27 voix).

Sajid Javid

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(©Daniel LEAL-OLIVAS / AFP)

Nommé en avril 2018 à la tête du ministère de l'Intérieur, Sajid Javid, 49 ans, a gagné le respect de son camp avec sa gestion du scandale de la «génération Windrush», ces immigrés d'origine caribéenne arrivés au Royaume-Uni après la Seconde Guerre mondiale. Une affaire qui avait entraîné la démission de sa prédécesseure Amber Rudd.

Après avoir soutenu la campagne en faveur du «Remain» lors du référendum de juin 2016, l'ancien banquier a aujourd'hui des positions plutôt eurosceptiques. Ce fils d'un chauffeur de bus pakistanais, admirateur de l'ex-Première ministre Margaret Thatcher, s'oppose notamment au maintien du pays dans une union douanière avec l'UE après le Brexit. Il a fini cinquième du premier tour du scrutin pour la tête du Parti conservateur, avec 23 voix.

Matt Hancock

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(©Adrian DENNIS / AFP)

Ancien économiste à la Banque d'Angleterre, Matt Hancock, 40 ans, occupe actuellement le poste de ministre de la Santé, après avoir été en charge du portefeuille du Numérique. Il se présente lui-même comme le visage de la nouvelle génération, modernisatrice, du Parti conservateur. Féru de nouvelles technologies, il a été le premier député à lancer sa propre application mobile, en février 2018, sur laquelle on peut trouver des photos et des vidéos de lui, ou encore des renseignements sur son travail d'élu.

Matt Hancock a fait campagne en 2016 pour le maintien de son pays dans l'UE, mais est depuis devenu un allié des pro-Brexit. Modéré, il exclue comme Rory Stewart une sortie de l'Union sans accord, et appelle à voir plus loin que le Brexit. «Si nous devenons seulement le parti du Brexit, alors nous sommes finis», a notamment déclaré celui qui est arrivé sixième du premier tour de l'élection pour désigner le prochain Premier ministre (20 voix).

Rory Stewart

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(©Daniel LEAL-OLIVAS / AFP)

Ministre du Développement international, Rory Stewart, 46 ans, a parmi tous les candidats celui qui a le parcours le plus atypique. Avant de faire carrière en politique, il a en effet eu plusieurs vies : diplomate (il a servi en Irak comme gouverneur adjoint de la coalition après l'invasion américaine en 2003), auteur, professeur à Harvard, aventurier (il a traversé seul l'Afghanistan pendant un mois en 2002) et même tuteur des princes William et Harry.

L'ex-ministre des Prisons a vu sa cote de popularité s'envoler ces dernières semaines, grâce à des déplacements aux quatre coins du Royaume-Uni et son omniprésence sur les réseaux sociaux. Celui qui avait fait campagne pour le maitien de son pays dans l'UE en 2016 accepte le résultat du référendum, mais se voit comme le candidat «anti-Boris Johnson», refusant notamment une sortie de l'Union sans accord. Il est arrivé septième du premier tour de l'élection du chef des Tories (19 voix).

Ils ont été éliminés

Trois candidats ont été éliminés par les 313 députés conservateurs lors du premier tour de l'élection du chef des Tories (qui deviendra Premier ministre), ce jeudi 13 juin. Ils n'ont en effet pas réussi à atteindre le seuil requis des 17 voix.

Il s'agit d'Andrea Leadsom, 56 ans, ancienne ministre chargée des relations avec le Parlement (11 voix), Mark Harper, 49 ans, ex-secrétaire d'Etat à l'immigration (10 voix) et Esther McVey, 51 ans, ancienne ministre du Travail et ex-présentatrice de télévision (9 voix).

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