Deux gynécologues allemandes condamnées pour «publicité» de l'avortement

Bettina Gaber (gauche) et Verena Weyer (droite) comptent contester la décision [PAUL ZINKEN / DPA / AFP]

Un tribunal berlinois a condamné, vendredi, deux gynécologues à payer une amende pour avoir fait la «publicité» de l'avortement sur leur site internet, malgré une récente réforme censée libéraliser la diffusion de l'information sur l'IVG.

«Les médecins n'ont pas seulement dit "si" [elles proposaient des IVG], mais aussi "comment" [est pratiquée] une interruption volontaire de grossesse», a expliqué l'instance pénale dans un communiqué, condamnant Bettina Gaber et Verena Weyer à 2.000 euros d'amende chacune.

Selon la juge Christine Mathiak, les médecins avaient le droit de dire qu'elles proposaient des IVG mais pas d'en préciser les circonstances, en l’occurrence que l'intervention pouvait être «médicamenteuse et sans anesthésie» et qu'elle se déroulait dans «une atmosphère sécurisée».

Une loi adoptée à l'époque nazie

L'information sur l'avortement est régie en Allemagne, où les Eglises jouent encore un rôle politico-sociétal important, par un texte du Code pénal, adopté originellement à l'époque nazie. Une réforme votée en février a assoupli l’interdiction de «publicité» en autorisant les gynécologues à dire si le cabinet propose l'IVG, alors que jusqu'alors cela était considéré comme de la propagande illégale passible de deux ans de prison. 

«C'est si affligeant que j'en ai l'estomac retourné», a déclaré Bettina Gaber à propos du jugement rendu. Les deux condamnées comptent contester la décision, et sont prêtes à aller jusque devant la cour constitutionnelle, car elles considèrent que le texte va à l'encontre des libertés de profession, d'opinion et d'information.

La juge Mathiak a considéré qu'il n'y avait rien d'anticonstitutionnel, mais a admis qu'il s'agissait d'un sujet controversé. Avant le début du procès, plus d'une centaine de personnes ont manifesté pour la relaxe des deux gynécologues et une suppression totale du texte de loi qui interdit la «publicité pour l'interruption volontaire de grossesse».

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