La tension continue de grimper entre l'Iran et les États-Unis

Les deux chefs d'État sont en plein bras de fer Les deux chefs d'État sont en plein bras de fer. [HO, Nicholas Kamm / AFP / IRANIAN PRESIDENCY]

Pas d'accalmie en perspective. Après l'attaque de deux pétroliers dans la mer d'Oman le 13 juin dernier, les tensions s'intensifient encore un peu plus entre les États-Unis et les Iraniens.

Ces derniers sont en effet accusés par Washington d'avoir commandité les offensives. En réponse à ce qu'ils estiment être des «menaces aériennes, navales et terrestres», les Américains ont donc décidé de dépêcher 1 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient. 

Cette décision n'est qu'une étape dans la longue escalade qui a conduit les deux pays à une situation si compliquée que la Chine ou encore la Russie ont appelé au calme le 18 juin. En effet, depuis que Donald Trump a retiré unilatéralement les États-Unis de l'accord sur le nucléaire en 2018, les relations se sont compliquées.

Dans les derniers mois, le président américain a menacé l'Iran de destruction, étranglé l'économie par des blocus contraignants et déployé le porte-avions Abraham Lincoln dans le golfe Persique. 

L'Iran n'est pas en reste puisque le président de la République islamique, Hassan Rohani, a assuré plusieurs fois qu'il allait renforcer les capacités militaires du pays et que «la guerre contre l'Iran est la mère de toutes les guerres». Une menace à peine voilée. Pour forcer les pays européens à réagir et à les soutenir, notamment au niveau économique, les Perses ont annoncé avoir augmenté les reserves d'uranium enrichi, au point d'en dépasser la limite prévue dans l'accord sur le nucléaire de 2015 le 27 juin prochain. Tous les pays signataires, y compris les États-Unis qui ont pourtant quitté l'accord, ont demandé à l'Iran de ne pas saborder les efforts fournis quatre ans plus tôt. 

Seul problème, les Européens et les Chinois semblent incapables de contourner les sanctions américaines pour éviter que cela ne se produise. Un mécanisme de troc, nommé INSTEX, avait été mis en place, mais sans réel effet. 

Difficile cependant, à cette heure, d'imaginer que le conflit puisse déboucher en véritable guerre armée. Donald Trump pourrait en souffrir dans l'opinion alors qu'il entre en campagne pour sa réélection, quand l'Iran subit déjà d'une grave crise économique. Financer cet affrontement pourrait mettre un poids trop important sur leurs citoyens, qui sont déjà sortis massivement dans les rues pour protester contre la situation en 2018. Reste à savoir si, comme ce fut le cas avec Kim Jong-un, un terrain d'entente peut se profiler entre ces deux pays, historiquement ennemis depuis la révolution islamique de 1979.

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