Election présidentielle américaine : 3 choses à retenir du premier meeting de campagne de Donald Trump

[MANDEL NGAN / AFP]

Nouvelle campagne mais même rhétorique : «Keep American great». Candidat à sa réélection en 2020, Donald Trump a tenu en Floride le premier meeting officiel de sa campagne aux allures de 2016.

«Je me tiens devant vous pour lancer officiellement ma campagne pour un second mandat de président des Etats-Unis». Avec ce meeting, le premier officiellement dédié à la présidentielle, Donald Trump a marqué ce mardi le coup d'envoi d'une campagne marathon qui doit durer un an et demi, jusqu'en novembre 2020.

Devancé dans les derniers sondages par le premier de ses opposants démocrates, l'ancien vice-président Joe Biden, le candidat Républicain Donald Trump s'est ainsi offert un rassemblement réconfortant, profitant des applaudissements et de l'enthousiasme de ses sympathisants, acquis à son discours et à son franc parler.

Devant les 20 000 sièges de l’Amway Center, enceinte de l’équipe NBA des Orlando Magics, remplie par une marée de supporters aux casquettes rouges «Make America Great Again», son slogan de 2016, le président candidat a renoué avec la même logique anti-système et anti-élites et promis «un séisme dans les urnes». Que peut-on alors retenir de ses 90 minutes de discours  ?

Des comptes à régler avec ses cibles préférées 

Médias, démocrates, le procureur spécial Robert Mueller, Hilary Clinton,  ... les cibles favorites du locataire de la Maison Blanche ont chacune reçu leur lot d'attaques.

Les médias d'abord. Dès les premières minutes de sa prise de parole, Donald Trump s’en est pris aux «fake news» soi-disant colportées par la presse à son encontre, en particulier CNN, encourageant ainsi la foule à scander «CNN sucks» («CNN craint» en français). Devant le flot d'insultes, la chaîne a préféré stopper la diffusion du discours du président américain.

Les Démocrates ensuite. «Voter pour un démocrate, quel qu’il soit, en 2020, c’est voter pour la montée du socialisme radical et la destruction du rêve américain», scandait mardi soir Donald Trump. Il faut dire que le refus systématique des élus démocrates d'accepter les conclusions du rapport Mueller, innocentant Donald Trump de toute collusion avec Moscou, lui reste en travers de la gorge.

Mais tandis que le président passait une large partie de son discours à fustiger l'opposition, accusé de vouloir «détruire notre pays tel que nous le connaissons», il évitait en grande partie d’attaquer ses éventuels adversaires. Il s'est même attaqué à Hillary Clinton, son adversaire à la présidentielle de 2016 - redevenue «Crooked Hillary» («Hillary la corrompue»), comme elle était surnommée lors de la dernière campagne – appuyé par les spectateurs d'Orlando hurlant «enfermez-là», le refrain préféré des pro-Trump.

UN BILAN ENJOLIVÉ

Après deux ans et demi de mandat, le milliardaire a profité du rassemblement de sa base pour souligner les succès de sa présidence, en particulier les bons chiffres de l'économie. «Notre pays avance, prospère et est en pleine croissance maintenant, et franchement, il s’envole vers de nouveaux sommets incroyables», a-t-il scandé, estimant que «le monde entier enviait l'économie américaine, qui est peut-être la meilleure économie de l’Histoire de notre pays». 

Le milliardaire s'est ainsi félicité des gains de la production énergétique américaine ou encore de la baisse du chômage des afro-américains, hispaniques et asiatiques, «plus bas niveau  jamais enregistré». Compte tenu des chiffres et des multiples guerres commerciales lancées avec la Chine ou l'Union européenne, ses conclusions semblent plutôt discutables.

Son discours ferme sur l'immigration est ainsi resté intact, promettant notamment d'achever la construction de son fameaux mur à la frontière avec le Mexique. La veille il lançait l'idée de commencer à expulser les «millions d'étrangers (...) entrés de manière illicite aux Etats-Unis. 

Pas de programme pour 2020

Quand il s'agit d'expliquer aux électeurs ce qu'il ferait avec quatre ans de plus à la Maison Blanche, l'ex magnat de l'immobilier a à peine gratté la surface. S'il évoque plusieurs promesses extravagantes, notamment un «remède contre le cancer», «l'éradication du virus sida» et «l'envoi d'astronautes américains sur Mars», le programme du candidat Républicain semble bien sommaire, voire encore inexistant. 

Une focalisation sur le passé et une absence d'agenda politique qui, comme, le pointe la chaîne CNN «pose la question de sa capacité à imposer le rythme de la campagne 2020». D'autant plus que, pour renouveler l'exploit de 2016, le président élu en partie grâce ses victoires dans une poignée d’États-clés devra vraisemblablement relever le défi d'élargir sa base électorale.

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