Emmanuel Macron en opération séduction au Japon

Emmanuel Macron avait déjà rencontré Shinzo Abe en avril à Paris Emmanuel Macron avait déjà rencontré Shinzo Abe en avril à Paris. [ludovic MARIN / AFP]

Mission médiation pour le président de la République. Alors qu’Emmanuel Macron décolle pour le Japon le mercredi 26 juin, dans le cadre du G20, les tensions entre Nissan et Renault sont toujours palpables depuis l’arrestation de Carlos Ghosn pour des faits de malversations financières.

Les discussions à propos d’une nouvelle gouvernance de l’alliance ont donné lieu à de nombreuses réunions annulées, plans avortés et refus de la part des Japonais. Ces derniers souhaitaient récupérer plus de pouvoir, alors que le précédent accord donnait une place quasi toute puissante à l’entreprise française.

Une assemblée générale des actionnaires prévue le mardi 25 juin devrait cependant acter un accord trouvé le 20 juin dernier. Après un bras de fer, Renault a finalement obtenu un siège supplémentaire pour Thierry Bolloré dans la nouvelle gouvernance du géant automobile japonais. Condition non-négociable de la part de la marque au losange pour voter leur accord au changement d'organisation. 

Nissan lui reprochait notamment d'avoir soutenu Carlos Ghosn longtemps après son arrestation. Ces négociations au forceps n'ont pas amélioré la confiance entre les Français et les Japonais, et c'est là que le président souhaite intervenir. L'Élysée a ainsi affirmé qu'Emmanuel Macron voulait «réaffirmer l'attachement fort de la France à l'alliance», en mettant en place «plus de synergies» et de «projets en commun».

Difficile de savoir cependant si les responsables nippons seront véritablement attentifs aux propos du chef de l'État, au vu de la méfiance qui s'est installée lorsque le gouvernement (qui possède 15% de Renault) s'est rapproché du groupe Fiat Chrysler pour un projet de fusion, sans en discuter au préalable avec Nissan.

Désireux de montrer patte blanche, la présidence a assuré que l'on «ne peut faire utilement fonctionner cette alliance qu'en étant soi-même un partenaire fiable, constant, et on le sera».

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Carlos Ghosn, quittant le cabinet de son avocat à Tokyo, le 6 mars 2019 [Kazuhiro NOGI / AFP/Archives]
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