Espagne : la statue victime d'une restauration ratée retrouve son aspect originel

Paré d'un bleu criard et d'un teint de nouveau-né, le Saint-Georges d'Estella a depuis retrouvé ses couleurs originelles. [Handout / NAVARRA GOVERNMENT / AFP]

Un fiasco qui se répète. Vous vous rappelez peut-être cette icône de Jésus, dont la restauration catastrophique en 2012 avait suscité l'indignation ? En Espagne, une statue ayant subi le même sort a finalement été sauvée.

La victime était cette fois-ci une imposante sculpture polychromée de Saint-Georges, représentant le saint terrassant un dragon. Mais avec ses couleurs passées et un bois fêlé à plusieurs endroits, le martyr chrétien avait bien besoin d'une restauration. 

La paroisse d'Estella, dans la région de Navarre, décide alors en 2018 de faire appel un atelier d'artisanat pour enfants et lui donner une seconde vie. Aucune autorisation n'est alors demandée, et le résultat est un désastre.

Loin de sa patine d'origine, le saint se voit paré d'une armure grossière et de couleurs criardes, résultat d'un travail naïf réalisé à partir peinture acrylique et de plâtre. Son teint rose pâle lui donne même de faux airs de personnage de bande dessiné, à tel point que le New York Times avait osé la comparaison avec Tintin

sculpture_navarre_5d11ed039ed36.jpgLe visage de Saint-Georges avant restauration (à gauche), après sa réfection par des amateurs (au centre) puis restauré par des professionnels (à droite). [Handout / NAVARRA GOVERNMENT / AFP]

30 000 euros de rESTAURATIONS

Les images de cette rénovation insolite sont vite devenues virales, suscitant autant de moqueries que de cris d'indignation. Face à l'engouement, la région de Navarre est obligée de réagir et finit par engager un projet de «dé-restauration».

Des mois ont été nécessaires pour rattraper les dégâts de ces bénévoles certes bien intentionnés mais à la technique hasardeuse, le tout pour 30 000 euros, soit le triple d'une restauration standard. Les dommages sont néanmoins irréversibles : 45% des couleurs originelles du Saint-Georges ont été perdues.

L'œuvre d'art, datée du XVIe siècle, a depuis retrouvé sa place au sein de l'église San Miguel, dans le petit village d'Estella, au cœur du pays basque espagnol, et suscite la curiosité de plus de plus de touristes.

Cette mésaventure n'est pourtant pas isolée. Depuis plusieurs années, les conservateurs espagnols se retrouvent stupéfaits par ces excès de zèle. Une histoire qui rappelle bien celle du Christ de Borja, une huile sur toile du XIXe siècle restaurée par une octogénaire amateure en 2012 et devenue célèbre pour ses traits grossiers.

L'année dernière, dans les Asturies, une vierge en bois du XVe siècle avait elle aussi subit les frasques d'une paroissienne un peu trop confiante, recouverte de peintures criardes presque fluorescentes.

À suivre aussi

ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Unesco Le Tour de France, bientôt inscrit au patrimoine de l'humanité ?
Incendie Incendie de Notre-Dame, en direct : François Pinault concrétise sa promesse de don
Plus de 36.000 m2 d’intérieurs et 500.000 m2 de jardins ont été numérisés.
réalité virtuelle Le château de Versailles se visite maintenant en réalité virtuelle

Ailleurs sur le web

Derniers articles