Les Etats-Unis disent avoir frappé al-Qaida dans le nord-ouest de la Syrie

Les ruines d'un bâtiment frappé par les Etats-Unis dans la province d'Alep en Syrie le 1er juillet 2019 [Omar HAJ KADOUR / AFP] Cette opération a pris pour cible des personnes «responsables d'avoir planifié des attaques». [Omar HAJ KADOUR / AFP]

Les Etats-Unis, fer de lance de la coalition internationale antijihadistes, ont annoncé lundi avoir frappé la veille des dirigeants d'al-Qaida dans le nord-ouest de la Syrie où six commandants d'un groupe extrémiste ont été tués, selon une ONG.

Sur un autre front de la guerre en Syrie, six civils et neuf combattants prorégime ont péri durant des frappes israéliennes dimanche près de Damas et Homs (centre), a indiqué lundi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les Etats-Unis ont dit avoir frappé dimanche le groupe jihadiste al-Qaida, pour la première fois depuis deux ans dans le nord-ouest du pays, où le régime syrien et son allié russe visent sans relâche des groupes antirégime depuis avril.

Dans un communiqué, le Commandement central américain a indiqué lundi que «les forces américaines avaient mené une frappe contre la direction d'al-Qaida en Syrie (AQ-S) dans une structure d'entraînement».

Cette opération a pris pour cible des personnes «responsables d'avoir planifié des attaques menaçant des citoyens américains, nos partenaires et des civils», selon le Centcom.

Dimanche soir, l'OSDH a indiqué qu'une frappe dans la région d'Alep a fait huit morts, dont six commandants du groupe Hourras al-Din, lié à Al-Qaïda, disant qu'il pouvait s'agir d'une frappe de la coalition menée par les Etats-Unis.

«Six chefs, dont deux Tunisiens, deux Algériens, un Egyptien et un Syrien, ont été tués par un bombardement visant une réunion dans (...) un secteur à l'ouest d'Alep», a indiqué l'OSDH. Le bombardement a également tué deux combattants du groupe, selon la même source.

Hourras al-Din a indiqué lundi dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux qu'un «groupe de frères jihadistes» avait été tué dans une attaque contre un «centre religieux».

Ce groupe est actif dans une région échappant encore au régime et qui comprend une grande partie de la province d'Idleb ainsi que des secteurs des provinces voisines de Hama, Alep et Lattaquié.

Les ruines d'un bâtiment frappé par les Etats-Unis dans la province d'Alep en Syrie le 1er juillet 2019 [Omar HAJ KADOUR / AFP]
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Les ruines d'un bâtiment frappé par les Etats-Unis dans la province d'Alep en Syrie le 1er juillet 2019

 

Cette région est dominée par le groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), ex-branche syrienne d'al-Qaida, aux côtés duquel combat Hourras al-Din.

En septembre 2014, les Etats-Unis ont mis sur pied une coalition internationale pour lutter contre Daesh qui s'était emparé trois mois plus tôt de vastes territoires en Syrie et en Irak.

Ils ont pris pour cible des chefs jihadistes dans le nord-ouest de la Syrie, mais leurs frappes ont considérablement diminué depuis 2017.

Avec la coalition, les Etats-Unis ont ensuite concentré leur action dans l'est du pays où ils ont aidé les Forces démocratiques syriennes (FDS) à lutter contre les jihadistes dans une zone frontalière avec l'Irak. En mars, les FDS s'étaient emparées des dernières positions jihadistes dans le village de Baghouz, proclamant la défaite du «califat» de Daesh.

Un nouvel accord avec la russie ?

Depuis fin avril, le régime de Damas et son allié russe ont intensifié leurs frappes sur la région d'Idleb, qui fait l'objet d'un accord conclu en 2018 entre Ankara, parrain des rebelles actifs dans la zone, et Moscou, censé créer une «zone démilitarisée».

Mais cet accord n'a jamais été appliqué dans son intégralité, en raison du refus des jihadistes de se retirer de la zone tampon prévue.

Selon Sam Heller, analyste du centre de réflexion International Crisis Group, les Etats-Unis ont été exclus par la Russie de l'espace aérien de la région d'Idleb depuis le début de l'administration Trump en 2017.

«Il n'est pas clair si la dernière frappe est le signe qu'un nouvel accord a été conclu, ou si les Etats-Unis estimaient très urgent de bombarder ces combattantså, d'après cet expert.

Les frappes américaines de dimanche interviennent deux jours après une rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine en marge du sommet du G20 à Osaka au Japon.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a affirmé qu'il n'y avait «pas de lien» entre la frappe et cette rencontre.

Déclenché par la répression de manifestations, le conflit en Syrie a connu l'implication de plusieurs acteurs régionaux et internationaux, outre les groupes jihadistes. Il a fait plus de 370.000 morts et poussé à la fuite des millions personnes.

Signe de sa complexité, Israël a frappé dimanche des positions iraniennes près de Damas et visé un centre de recherche et un aéroport militaire à l'ouest de la ville de Homs où des combattants du Hezbollah chiite libanais et des Iraniens sont déployés, selon l'OSDH.

Six civils et neuf combattants prorégime ont péri durant ces frappes, selon cette même source.

Une porte-parole de l'armée israélienne n'a pas souhaité réagir à ces allégations.

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