Réchauffement climatique : tout savoir sur le «Flygskam», la honte de prendre l'avion

Le "Flygskam", une tendance qui s'impose sur les réseaux sociaux. [STEPHEN BRASHEAR / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Ce mouvement qui nous vient tout droit d'Europe du Nord touche de plus en plus de particuliers qui se sentent concernés par l'écologie et qui veulent lutter contre le réchauffement climatique.

Le «flygskam» est le nouveau modèle scandinave qui remet en cause l’un des moyens de transports le plus utilisé dans le monde : l’avion. En 2019, ce mode de transports a totalisé plus de 4 milliards de passagers dans le monde.

Soucieux de réduire leur empreinte carbone, de plus en plus de citoyens se retrouvent dans ce mouvement.

le train comme moyen de transport alternatif

Selon le Réseau action climat, si rien n’est fait avant 2050 les émissions dues au transport aérien devraient tripler.

Pour éviter cette perspective, les adeptes du «flygskam» invitent les voyageurs à ne pas prendre l’avion - notamment pour les trajets de petite distance - et à privilégier des moyens de transport alternatifs. Ce, même si le trajet peut être plus long. Le train apparaît comme l’allié idéal : l’avion émet 14 à 40 fois plus de CO2 que celui-ci.

Les jeunes prennent davantage part à cette tendance et c’est sur les réseaux sociaux qu’ils expriment leur engagement.

C’est notamment le cas de la jeune activiste écologiste, Greta Thunberg qui a arrêté tout voyage par les airs. «J’ai cessé de prendre l’avion pour des raisons liées au climat, parce que je ne veux pas dire une chose puis faire l’inverse. Je veux pratiquer ce que je prêche», expliquait-elle le 23 janvier dernier lors du forum de Davos. Son périple pour rallier Stockholm et Davos avait duré environ 32 heures.

Outre les activistes écologistes, le «flygskam» a également ses adeptes en politique. En France, certains députés ont ouvert le débat, à l'instar de Delphine Batho (Urgence Écologie) et François Ruffin (Les Insoumis), qui veulent interdire les vols entre certaines villes françaises. D’autres, dont quelques trente députés LREM, souhaitent introduire une contribution climat sur les billets d’avions.

Des mesures ont également déjà été prises, en Europe. Le parlement néerlandais a ainsi interdit la liaison Bruxelles- Amsterdam, jugée trop polluante pour la distance.

Inquiètudes dans le monde de l'aéronautique

Si la tendance séduit de plus en plus, elle suscite en revanche l'inquiétude chez les acteurs du transport aérien notamment l’Association Internationale du transport aérien (AITA) qui représente pas moins de 290 compagnies aériennes soit 82% du trafic aérien mondial. Alexandre de Juniac, ancien directeur d'Air France et actuel dirigeant de l'organisation exprimait ses craintes le mois dernier lors de la réunion annuelle de l’organisation à Séoul, évoquant «une grande menace».

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