Des navires iraniens tentent de bloquer un pétrolier britannique, assure Londres

Un navire iranien, le 30 avril 2019 dans le détroit d'Ormuz [ATTA KENARE / AFP/Archives] La tension autour du détroit d'Ormuz a culminé au cours des dernières semaines. [ATTA KENARE / AFP/Archives]

Des navires iraniens ont tenté mercredi soir «d'empêcher le passage» d'un pétrolier britannique dans le détroit d'Ormuz, a affirmé jeudi un porte-parole du gouvernement à Londres, quelques jours après l'arraisonnement d'un pétrolier iranien par le Royaume-Uni à Gibraltar.

«Contrairement au droit international, trois navires iraniens ont tenté d'empêcher le passage d'un navire de commerce, le British Heritage, dans le détroit d'Ormuz», a indiqué jeudi ce porte-parole dans un communiqué, expliquant que la Royal Navy a dû intervenir en déployant une frégate pour venir en aide à ce pétrolier propriété de BP Shipping, filiale de transport pétrolier du géant BP.

Armes pointées sur les bateaux iraniens

«Le HMS Montrose a été contraint de se positionner entre les navires iraniens et le British Heritage et de lancer des avertissements verbaux aux navires iraniens, qui ont ensuite fait demi-tour», a ajouté ce porte-parole. «Nous sommes préoccupés par cette action et continuons à exhorter les autorités iraniennes à désamorcer la situation dans la région».

Un avion américain a filmé l'incident, qui s'est terminé lorsque la frégate britannique HMS Montrose, qui escortait le tanker, a pointé ses armes sur les bateaux iraniens en leur intimant de s'éloigner, selon CNN.

Le HMS Montrose de la marine britannique, le 3 février 2014 dans le port de Limassol, à Chypre [- / AFP/Archives]
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Le HMS Montrose de la marine britannique, le 3 février 2014 dans le port de Limassol, à Chypre

 

Les Gardiens de la révolution iraniens ont nié avoir bloqué ce pétrolier. «Il n'y a eu aucune confrontation avec des navires étrangers, y compris britanniques, au cours des dernières 24 heures», ont écrit les Gardiens dans un communiqué publié par leur agence de presse Sepah News.

Cet incident intervient après que le président iranien Hassan Rohani a mis en garde mercredi le Royaume-Uni, parlant de "conséquences" après l'arraisonnement par Londres d'un pétrolier iranien au large de Gibraltar la semaine dernière.

Le Grace 1 avait été arraisonné au large du territoire britannique, à l'extrême sud de l'Espagne, à la suite d'une opération que l'Iran qualifie d'acte de «piraterie» en haute mer.

«Je le rappelle aux Britanniques: c'est vous qui êtes à l'initiative de l'insécurité et vous en mesurerez les conséquences plus tard», a déclaré mercredi M. Rohani lors d'un conseil des ministres.

La tension autour du détroit d'Ormuz, par lequel transite près d'un tiers du pétrole brut mondial acheminé par voie maritime, a culminé au cours des dernières semaines avec une spirale d'événements, dont des attaques d'origine inconnue contre des pétroliers et la destruction d'un drone américain par l'Iran.

Téhéran, accusé par Washington d'être à l'origine des sabotages de tankers, a démenti toute responsabilité.

Dans ce climat d'extrême tension entre Téhéran et Washington, les Etats-Unis souhaitent former une «coalition» maritime internationale garantissant la liberté de navigation dans le Golfe.

«Je pense que probablement au cours des deux ou trois prochaines semaines nous déterminerons quels sont les pays qui ont la volonté politique de soutenir cette initiative, et ensuite nous travaillerons directement avec les militaires pour identifier les capacités spécifiques qui soutiendront cette initiative», a expliqué mardi le général Joseph Dunford, le chef d'état-major interarmes américain.

Selon ce général, le plus haut gradé américain, Washington fournirait «la connaissance et la surveillance du domaine maritime». La Ve Flotte américaine est stationnée à Bahreïn.

Le détroit d'Ormuz : un passage stratégique et sous tension [ / AFP]
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Le détroit d'Ormuz : un passage stratégique et sous tension

 

Les pétroliers seraient escortés par les nations sous le drapeau desquelles ils naviguent, comme l'a souhaité en juin le président Donald Trump.

Le président Trump s'est retiré de l'accord international nucléaire iranien signé en 2015, accusant Téhéran de déstabiliser la région.

Il a réimposé des sanctions sévères contre l'Iran, visant notamment ses exportations d'or noir, tout en affirmant ne pas vouloir la guerre avec la République islamique. Il a ainsi annulé une frappe militaire contre des objectifs iraniens décidée en représailles à la destruction du drone.

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