Climat, Brexit, immigration… Les défis de la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen

Ursula von der Leyen souhaite faire de l'environnement l'une des principales priorités de son mandat. Ursula von der Leyen souhaite faire de l'environnement l'une des principales priorités de son mandat.[FREDERICK FLORIN / AFP]

L'Allemande Ursula von der Leyen a été élue de justesse par les eurodéputés, mardi 16 juillet, présidente de la Commission européenne. L'ex-ministre de la Défense allemande, 60 ans, remplacera officiellement Jean-Claude Juncker le 1er novembre prochain. Juste avant son élection, cette proche d'Angela Merkel a présenté son programme devant le Parlement européen.

environnement : une réduction des émissions de co2 plus rapide et un «green deal»

Ursula von der Leyen semble avoir entendu les appels à une plus grande prise en compte de l'environnement dans les décisions politiques, symbolisés par les nombreuses mobilisations de jeunes pour le climat à travers le monde et le bon score des Verts aux dernières élections européennes (désormais la quatrième force politique du Parlement européen).

L'Allemande, membre du groupe européen de centre-droit PPE, a fait de l'écologie l'une des principales priorités de son mandat de cinq ans. Elle propose notamment un objectif de réduction des émissions de CO2 dans l'UE plus ambitieux. Celui-ci était fixé à 40 % d'ici à 2030, mais Ursula von der Leyen veut qu'il soit relevé à 50 %, voire à 55 %. Par ailleurs, elle s'est engagée à présenter un projet de «Green Deal» («pacte vert») pour l’Europe durant les 100 premiers jours de son mandat. Il comportera notamment la toute «première loi européenne sur le climat», qui gravera dans le marbre l'ambition d'atteindre la neutralité carbone dans l'UE en 2050.

Ursula von der Leyen souhaite d'autre part investir 1 000 milliards d'euros en faveur du climat dans les dix prochaines années, et transformer partiellement la Banque européenne d’investissement (BEI) en banque pour le climat. Des engagements qui figuraient notamment dans la plupart des programmes des listes de gauche et de La République en marche (LREM) lors des dernières européennes.

Enfin, la nouvelle présidente de la Commission européenne envisage de mettre en place une taxe carbone aux frontières de l'UE, une mesure réclamée par la plupart des partis politiques en France.

Economie : salaire minimum et taxe Gafa à l'échelle européenne

Durant les 100 premiers jours de son mandat, Ursula von der Leyen veut mettre en place un salaire minimum européen, pour que chaque salarié ait «un revenu décent peu importe où il travaille». En France, lors de la campagne des élections européennes, LREM, le Parti socialiste (PS), Europe Ecologie Les Verts (EELV) ou encore La France insoumise (LFI) avaient proposé une telle mesure.

La taxation des grandes entreprises de la tech, incluant les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), est également l'une des priorités de la nouvelle patronne de l'exécutif européen. Alors que la France vient d'adopter une taxe sur les géants du numérique et qu'une telle taxation est en discussions à l'échelle de l'OCDE, Ursula von der Leyen promet que l'UE agira seule si aucun accord sur une taxe GAFA mondiale n'est trouvée d'ici à la fin 2020.

Immigration : un «nouveau pacte sur la migration et l’asile»

Ursula von der Leyen a affirmé son soutien à un «nouveau pacte sur la migration et l’asile», qui inclura notamment une réforme de la Convention de Dublin. Celle-ci oblige les réfugiés à déposer une demande d’asile dans le premier pays par lequel ils sont entrés en Europe. L'Allemande de 60 ans, mère de sept enfants, veut changer ce système et le baser sur le principe de solidarité entre les Etats membres, afin d'alléger le fardeau de pays comme l'Italie ou la Grèce, qui sont géographiquement en première ligne pour les arrivées de migrants.

Dans le même temps, Ursula von der Leyen souhaite accélérer le renforcement prévu des effectifs de Frontex, l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes. En effet, elle veut atteindre les 10 000 agents d'ici à 2024, et non 2027 comme ce qui était prévu jusque-là, afin d'avoir «des frontières extérieures fortes».

Brexit : prête à un nouveau report

Alors que le Brexit a déjà été reporté à deux reprises (il est désormais fixé au 31 octobre) et qu'aucun accord n'est en vue au Royaume-Uni, Ursula von der Leyen  s'est dite prête à soutenir un nouveau report du divorce si Londres le demande et fournit de «bonnes raisons».

Mais, à l'instar de son prédecesseur Jean-Claude Juncker, elle exclut une renégociation du traité de retrait conclu l'an dernier entre les deux parties, «le meilleur et le seul accord possible». Une position qui entre en contradiction avec celle des deux prétendants à la succession de Theresa May au poste de Premier ministre britannique, Boris Johnson et Jeremy Hunt, qui veulent de leur côté rouvrir les discussions sur le texte.

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