Quel Royaume-Uni sous Boris Johnson ?

Boris Johnson ne ferme pas la porte à un Brexit sans accord et est partisan d'un programme d'immigration stricte. Boris Johnson ne ferme pas la porte à un Brexit sans accord et est partisan d'un programme d'immigration stricte. [Tolga AKMEN / AFP]

Boris Johnson a été désigné par les membres du Parti conservateur, ce mardi 23 juillet, pour prendre la tête du Royaume-Uni. L'ancien maire de Londres succédera officiellement à Theresa May mercredi, avec un programme plus offensif que cette dernière.

Vers un Brexit dur ? 

Elément central de l'actualité britannique, et passage obligé des candidats, le Brexit va occuper la majorité du temps du futur Premier ministre. Boris Johnson est un partisan du Brexit, mais surtout, il prône une stratégie plus agressive. Il a notamment assuré que le Royaume-Uni ne payerait pas la «facture» à savoir les engagements pris par Theresa May, si Bruxelles n'améliore pas l'accord actuel. Pour parvenir à ses fins, il n'hésite pas manier les menaces, en déclarant que son pays sortira de l'Union le 31 octobre, «avec ou sans accord». 

Un programme d'immigration strict

Pays rêvé pour des milliers de migrants qui tentent de traverser la Manche chaque année, le Royaume-Uni pourrait faire évoluer sa stratégie en matière d'immigration. Boris Johnson souhaite en effet que les migrants soient sélectionnés en fonction de leurs compétences. «Nous devons être beaucoup plus ouverts à l'immigration de personnes hautement qualifiées, comme les scientifiques, mais nous devons également assurer au public que, lorsque nous quittons l'Union européenne, nous contrôlons le nombre d'immigrants non qualifiés qui arrivent dans le pays», a-t-il ainsi déclaré. 

Pour réguler le flux migratoire, Boris Johnson propose donc de s'aligner sur le modèle australien. Les bateaux de migrants tentant de s'y rendre sont systématiquement refoulés par les forces de l'ordre, et quand bien même ils passent le barrage, les demandes d'exil sont refusées. Une politique très stricte qui a été largement dénoncée par l'ONU et plusieurs associations de défense des droits de l'Homme. 

Un non ferme aux indépendantistes

Autre dossier particulièrement compliqué à gérer : les velléités d'indépendance de pays au sein du Royaume-Uni. Si l'Ecosse a déjà organisé un référendum, qui s'était soldé par le maintien du pays dans l'Etat unitaire, un autre pourrait avoir lieu d'ici à 2021 si l'on en croit la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon. 

Boris Johnson fait totalement barrage à cette idée. «Un Brexit réussi peut enraciner et intensifier l'Union», a expliqué l'ancien maire de Londres. 

Une lutte potentielle qui inquiète en Ecosse, d'autant que le pays avait largement voté contre le Brexit en 2016 (à 62 %). Le fait d'être entraîné dans une sortie de l'Union européenne sans accord pourrait faire pencher la balance en faveur des indépendantistes dans les prochaines années.

Une imposition plus légère pour les plus riches

Boris Johnson, le Premier ministre des riches ? Une phrase que l'on risque d'entendre régulièrement, puisque l'un des projets les plus importants du dirigeant conservateur est d'alléger la charge fiscale sur les plus grosses fortunes du pays, en relevant le seuil de la dernière tranche d'imposition. 

Cette proposition a été largement critiquée par l'opposition, qui y voit une manière de creuser les inégalités. Un sondage réalisé par Populus affirmait d'ailleurs qu'un votant sur cinq ne voulait pas voir cette réforme appliquée. 

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