Réchauffement climatique : une plaque commémorative en Islande pour le premier glacier à avoir disparu

La plaque commémorative sera inaugurée le 18 août sur le site de l'ancien Okjökull.[©Dominic Boyer/Cymene Howe]

L'Islande va dévoiler une plaque à la mémoire de l'Okjökull, premier glacier de l'île à disparaitre à cause du réchauffement climatique, qui menace de disparition ses 400 autres massifs glaciaires.

La plaque commémorative sera inaugurée le 18 août sur le site de l'ancien glacier Okjökull, à l'ouest de l'île,  a-t-on appris ce lundi, par des chercheurs islandais et de l'Université de Rice aux Etats-Unis, à l'initiative du projet. «Il s'agira du premier monument érigé en l'honneur d'un glacier disparu à cause des changements climatiques dans le monde», a déclaré Cymene Howe, professeure d'anthropologie à l'Université de Rice, citée dans un communiqué.

L'Okjökull (littéralement «glacier Ok» en islandais), a été déclassé par les glaciologues en 2014, une première sur l'île. La glace qui recouvrait encore 16 km2 de surface en 1890 n'était plus présente que sur 0,7 km2 en 2012, selon un rapport de l'université d'Islande publié en 2017.

«Une lettre pour l'avenir»

«En marquant le décès de l'Ok, nous espérons attirer l'attention sur ce qui se perd à mesure que les glaciers de la Terre disparaissent», ajoute l'anthropologue. Avec cette plaque en lettres d'or titrée en islandais et en anglais «Une lettre pour l'avenir», les chercheurs espèrent sensibiliser la population face au déclin des glaciers et aux effets du changement climatique.

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©Dominic Boyer/Cymene Howe

«Tous nos glaciers devraient connaître le même sort au cours des 200 prochaines années. Ce monument atteste que nous savons ce qui se passe et ce qui doit être fait. Vous seuls savez si nous l'avons fait», dit la plaque à l'adresse des générations futures. Elle porte également la mention «415 ppm CO2», en référence au niveau record de concentration de dioxyde de carbone enregistré dans l'atmosphère en mai dernier.

«Pour avoir le statut de glacier, sa masse de glace et de neige doit être assez épaisse pour qu'il se déplace grâce à son propre poids», soit 40 à 50 mètres d'épaisseur afin de produire suffisamment de pression pour rendre la glace malléable, explique à l'AFP le géologue Oddur Sigurdsson. Le parc national du Vatnajökull, dans le sud de l'Islande et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO début juillet, porte le nom du glacier qu'il abrite et qui conserve encore le titre de plus grande calotte glaciaire d'Europe.

A noter que près de la moitié des sites du patrimoine mondial pourraient perdre leurs glaciers d'ici 2100 si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel, selon une étude de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publiée en avril. «Ces masses de glace sont les plus grandes réserves d'eau douce de la planète et, congelées en leur sein, l'histoire de l'atmosphère», alerte Cymene Howe.

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