Tout savoir sur Boris Johnson, le nouveau Premier ministre britannique

Boris Johnson a remporté, ce mardi 23 juillet, la course au poste de Premier ministre du Royaume-Uni. Eurosceptique de la première heure, l'ex-chef de la diplomatie britannique est également connu pour ses gaffes et ses punchlines provocatrices.

Trublion, provocateur et n'ayant pas sa langue dans la poche, l'homme à la tignasse blonde défraye régulièrement la chronique, que ce soit au sujet de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ou de sa vie personnelle.

Il a été désigné chef des Conservateurs par les membres du parti ce mardi, et succédera à Theresa May dès mercredi au poste de Premier ministre du Royaume-Uni. Le 7 juin dernier, il avait reçu le soutien du président des Etats-Unis Donald Trump, en visite officielle en Angleterre.

Ce n'était pas la première fois qu'il convoitait la place de Premier ministre. En 2016, il avait raté de justesse la marche après la démission de David Cameron. 

Un eurosceptique de la première heure

«Si j'entre [au 10, Downing Street], nous sortirons le 31 octobre avec ou sans accord. C'est ce que nous ferons», a promis l'ancien ministre des Affaires étrangères, dans sa première vidéo de campagne publiée sur Twitter sur le compte @BackBoris (comprenez «soutenez Boris»). Un objectif réaffiché juste après les résultats mardi. «Nous allons mettre en oeuvre le Brexit le 31 octobre», a-t-il déclaré à la tribune.

La question de la sortie du Royaume-Uni de l'UE a été au coeur de sa campagne. Car «BoJo», comme on le surnomme, a été l'un des grands artisans de la victoire du Brexit lors du référendum de juin 2016. Et il assumait déjà son euroscepticisme lorsqu'il était journaliste au Daily Telegraph en 1989, en charge de l'Europe à Bruxelles. Comme le souligne Sonia Purnell, dans la biographie qu'elle lui consacre (Just Boris : Boris Johnson, The irresistible rise of a political Celebrety), «il a aidé à faire que l'euroscepticisme ne soit plus l'apanage des opposants traditionnels à l'Union européenne venant du parti travailliste (...) et il l'a transformé en une cause attirante et qui a un retentissement émotionnel après du Parti conservateur».

Et aujourd'hui, Boris Johnson bénéficie d'un important soutien populaire, et ce malgré ses mensonges liés au Brexit.

Poursuivi pour ses mensonges

Accusé de mentir pendant la campagne du référendum pour la sortie du Royaume-Uni, Boris Johnson a obtenu début juin l'annulation des poursuites engagées contre lui. «Nous annulons la décision du juge (...) de délivrer la citation à comparaître», a annoncé le juge Michael Superstone, la Haute cour s'étant déclarée convaincue par les arguments de la défense. Une décision qui tombait à pic, alors qu'il venait d'être renvoyé devant la justice. 

Il lui avait été reproché, lorsqu'il était maire de Londres et fervent défenseur du Brexit, d'avoir menti quant au coût de l'adhésion du Royaume-Uni à l'Union européenne. Il avait déclaré que le Royaume-Uni versait 350 millions de livres - soit 400 millions d'euros - par semaine à Bruxelles. Une affirmation écrite sur des bus et mis en circulation dans tout le pays. «Nous envoyons 350 millions de livres à l'UE chaque semaine, finançons plutôt notre NHS (le service de santé public, ndlr)», pouvait-on lire dessus.

Ce chiffre reprenait effectivement la contribution britannique brute au budget de l'UE, mais ne tenait pas compte des subventions européennes que le pays reçoit. Selon l'avocat des plaignants, Boris Johnson avait fait preuve d'un comportement «à la fois malhonnête et irresponsable». Tandis que pour la défense, il s'agissait «d'un coup monté» à des «fins politiques» et d'une «tentative de certains individus, comme M. Ball, de revenir sur le résultat du référendum».

L'homme d'affaires Marcus Ball avait déposé plainte pour «faute grave dans l'exercice de ses fonctions», arguant que Boris Johnson savait très bien que cette somme était fausse.

Une famille divisée

La famille Johnson est partagée entre la camp des partisans de la sortie du Royaume-Uni de l'UE, porté par Boris, sa mère Charlotte et son père Stanley, et celui des opposants au Brexit, auquel appartient une partie de la fratrie : Jo, Rachel et Leo Johnson.

Jo, ministre des Transports dans le gouvernement de Theresa May, avait démissionné, comme son frère Boris, mais pour des raisons opposées, puisque lui est un ardent défenseur de l'Union européenne.

Tout comme sa soeur, Rachel, journaliste londonienne. Aux élections européennes de mai dernier, elle s'était présentée sous l'étiquette de «Change UK», l'un des partis pro-européens britanniques.

Un habitué des frasques

L'ancien ministre des Affaires étrangères s'est surtout rendu célèbre pour ses bourdes diplomatiques à répétition. En 2016, il avait déclaré, lors d'une convention du Parti conservateur à Birmingham, que le continent africain était un pays. «A cause de toutes ces difficultés, l'espérance de vie a progressé en Afrique, le pays faisant désormais partie du système économique mondial», avait-il déclaré.

Un an plus tard, lors d'un déplacement à Bristol dans le cadre de sa fonction, Boris Johnson - coiffé d'un turban orange - avait prôné l'exportation de whisky en Inde, alors qu'il se trouvait dans un temple sikh, religion interdisant à ses pratiquants la consommation d'alcool.

Plus récemment, Boris Johnson n'avait pas hésité à commenter la décision du Danemark d'interdire le port du voile intégral dans les espaces publics. Dans une chronique publiée en août 2018 dans le Daily Telegraph, il avait comparé les femmes portant la burqa à «des boîtes aux lettres». «Je dirais qu'il est absolument ridicule que certaines personnes choisissent de se balader en ressemblant à des boîtes aux lettres», avait-il commenté.

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