«Attaques acoustiques» à Cuba : les cerveaux des diplomates américains «ont subi quelque chose»

Les chercheurs ont mis en lumière des différences entre les cerveaux des diplomates ayant souffert de divers maux à Cuba (problèmes d’équilibre, vertiges, anxiété...) et ceux d'un groupe témoin. Les chercheurs ont mis en lumière des différences entre les cerveaux des diplomates ayant souffert de divers maux à Cuba (problèmes d’équilibre, vertiges, anxiété...) et ceux d'un groupe témoin.[ADALBERTO ROQUE / AFP ]

Les cerveaux d'une quarantaine de diplomates américains, victimes de phénomènes mystérieux à Cuba, «ont subi quelque chose», selon une étude réalisée à la demande du gouvernement des Etats-Unis et parue mardi 23 juillet.

Les résultats des analyses par imagerie médicale montrent des différences entre les cerveaux de ces diplomates et ceux d'un groupe témoin : un volume de matière blanche moins important, des disparités au niveau du cervelet (la partie qui contrôle les mouvements), ou encore une connectivité plus faible des neurones dans les zones qui contrôlent l'ouïe et la vision. 

Entre fin 2016 et mai 2018, ces diplomates américains, en poste à La Havane - la capitale de Cuba -, ainsi que des membres de leurs familles, ont souffert de divers maux, comme des problèmes d'équilibre et de vertige, de coordination, de mouvement des yeux, ainsi que de l'anxiété, de l'irritabilité et ce que des victimes ont appelé un «brouillard cognitif».

«Un vrai mystère médical»

L'étude, publiée mardi par le Journal de l'Académie américaine de médecine (Jama) et menée par des professeurs et médecins de l'université de Pennsylvanie, ne permet cependant pas de dégager une cause à ces symptômes. «C'est assez étrange. C’est un vrai mystère médical», a confié au Time Ragini Verma, professeure de radiologie à l'université de Pennsylvanie et principale auteure de l'étude.

De nombreuses théories sur la nature du phénomène ont fleuri depuis que cette affaire a été rendue publique. En août 2017, les autorités américaines ont dénoncé des «attaques acoustiques». Au début de l'année, des biologistes ont affirmé qu'il s'agissait en fait seulement du chant produit par des grillons pendant la période d’accouplement. De son côté, Cuba a toujours rejeté toute responsabilité.

Cette affaire a pris une telle ampleur qu'elle avait provoqué une crise diplomatique entre Washington et La Havane en 2017. Cette année-là, l’administration américaine avait en effet décidé de retirer plus de la moitié de son personnel diplomatique à Cuba, suspendu ses activités consulaires dans la capitale cubaine et ordonné l’expulsion de 15 diplomates cubains du territoire américain.

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