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Trump de nouveau accusé de racisme après des attaques sur Baltimore et un élu noir

Une peinture murale dans le quartier de McElderry Park à Baltimore, le 12 avril 2019 [Eric BARADAT / AFP] Une peinture murale dans le quartier de McElderry Park à Baltimore, le 12 avril 2019 [Eric BARADAT / AFP]

Donald Trump a fait face samedi à de nouvelles accusations de racisme après s'en être pris violemment à un élu noir de Baltimore, dont la circonscription est selon lui «dégoûtante et infestée de rats».

Moins de deux semaines après avoir invité quatre élues démocrates issues de minorités à «retourner» d'où elles venaient, le président américain a déclenché un nouveau tollé aux Etats-Unis en trois tweets matinaux particulièrement acerbes.

Il y accuse Elijah Cummings, élu démocrate du Maryland à la Chambre des représentants, d'avoir «brutalement» critiqué les agents de la police aux frontières pour les conditions de détention des mineurs à la frontière sud, «quand en fait son district de Baltimore est BIEN PIRE et plus dangereux».

«Aucun être humain ne voudrait y vivre», appuie le président républicain. «Le district de Cummings est un désordre dégoûtant, infesté de rats et autres rongeurs. S'il passait plus de temps à Baltimore, il pourrait peut-être aider à nettoyer cet endroit très dangereux et sale».

Elu noir emblématique de la chambre basse du Congrès, où il siège depuis 1996, M. Cummings, 68 ans, avait accusé la semaine dernière le ministre par intérim de la Sécurité intérieure Kevin McAleenan d'"embellir" la réalité sur la situation des mineurs détenus dans des centres d'accueil à la frontière avec le Mexique.

L'élu démocrate Elijah Cummings, le 24 juillet 2019 à Washington [ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP]
L'élu démocrate Elijah Cummings, le 24 juillet 2019 à Washington.

«M. le président, je rentre chez moi dans mon district chaque jour», a-t-il directement répondu sur Twitter. «Chaque matin, je me lève et je lutte pour mes voisins. C'est mon devoir constitutionnel de superviser le pouvoir exécutif. Mais c'est mon devoir moral de me battre pour mes électeurs».

Sa circonscription couvre une large partie de Baltimore, ville industrielle de 620.000 habitants, majoritairement noirs.

Minée par les problèmes sociaux, la drogue et la délinquance malgré des programmes de réhabilitation immobilière et la modernisation du centre-ville, la cité portuaire de la côte est américaine compte parmi les métropoles les plus violentes du pays, avec plus de 300 homicides par an en moyenne depuis 2015.

«Odieux»

Née à Baltimore, dont son père et son frère ont été maires, la chef des démocrates à la Chambre des représentants Nancy Pelosi a dénoncé les «attaques racistes» à l'encontre de M. Cummings, «un ardent défenseur au Congrès et dans le pays des droits civiques et de la justice économique».

L'ancien vice-président Joe Biden, en tête selon les sondages dans la course à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2020, a directement apostrophé Donald Trump, jugeant «odieux» de «s'en prendre de cette façon à (M. Cummings) et aux gens de Baltimore».

«Vous avez prouvé une fois de plus que vous n'étiez pas à la hauteur de la fonction. Un président doit tirer le pays vers le haut. Pas le déchirer», a-t-il ajouté, joignant ses critiques à celles de la plupart des candidats à l'investiture démocrate.

La sénatrice Kamala Harris, également candidate à l'investiture démocrate, a qualifié de «honteuse» l'attaque de M. Trump contre M. Cummings. Le maire démocrate de Baltimore, Bernard «Jack» Young, a jugé la diatribe du président «blessante et dangereuse».

«C'était totalement insultant», a déclaré M. Young à des journalistes. «Nous ne laisserons personne salir la ville de Baltimore et son efficace équipe dirigeante, personne», a-t-il insisté.

Mais Donald Trump a répété son attaque dans un nouveau tweet samedi soir. «Elijah Cummings passe tout son temps à nuire à des gens innocents», a-t-il écrit, une référence apparente aux critiques de M. Cummings contre les agents de la police aux frontières. «Il ne fait RIEN pour son district très pauvre, très dangereux et très mal géré !».

Les quatre élues démocrates visées par Donald Trump (de gauche à droite): Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib et<br />
Ayanna Pressley, le 15 juillet 2019 à Washington  [Brendan Smialowski / AFP]
Les quatre élues démocrates visées par Donald Trump (de gauche à droite): Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib et Ayanna Pressley, le 15 juillet 2019 à Washington.

Donald Trump avait déjà fait grand bruit mi-juillet après une série de violents tweets visant quatre élues démocrates issues de minorités, auxquelles il conseillait de «retourner» dans leur pays d'origine, quand bien même trois d'entre elles sont nées aux Etats-Unis.

La Chambre des représentants, à majorité démocrate, avait adopté en réponse une motion condamnant «fermement les commentaires racistes» du président.

Les propos de M. Trump avaient également attiré les réprobations de dirigeants étrangers, comme la chancelière allemande Angela Merkel ou la Première ministre britannique Theresa May, et provoqué le malaise jusque dans son camp républicain.

«Ces tweets n'étaient PAS racistes. Il n'y a pas une once de racisme en moi !», s'était défendu le président, avant que ses partisans ne scandent lors d'un meeting électoral «Renvoyez-la !» à l'évocation d'Ilhan Omar, fille de réfugiés somaliens élue au Congrès en 2018.

Donald Trump, le 26 juillet 2019 à la Maison Blanche [Brendan Smialowski / AFP]
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Donald Trump, le 26 juillet 2019 à la Maison Blanche

Donald Trump s'est depuis personnellement impliqué pour la libération du rappeur new-yorkais A$AP Rocky, qui doit être jugé en Suède pour violences.

«La Suède a laissé tomber notre communauté noire américaine», a-t-il dénoncé jeudi dans des tweets accompagnés du hashtag #FreeRocky, utilisé sur internet par la communauté hip-hop et les fans de l'artiste.

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