Tanzanie : 71 morts dans l'explosion du camion-citerne, le pays en deuil

Un membre des forces de sécurité tanzanienne surveille la carcasse d'un camion-citerne accidenté, dont l'explosion a fait plus de 60 morts parmi les passants qui tentaient de le siphonner, le 10 août 2019, à Morogoro.  [STRINGER / AFP] Un membre des forces de sécurité tanzanienne surveille la carcasse d'un camion-citerne accidenté, dont l'explosion a fait plus de 60 morts parmi les passants qui tentaient de le siphonner, le 10 août 2019, à Morogoro. [STRINGER / AFP]

L'explosion d'un camion-citerne samedi en Tanzanie a fait soixante-et-onze morts, essentiellement des badauds venus siphonner le carburant qui s'écoulait du poids-lourd accidenté, selon un nouveau bilan dimanche du gouvernement tanzanien qui a décrété un deuil national de trois jours.

Des prélèvements ADN ont été effectués sur la grande majorité des corps inhumés à l'exception de cinq d'entre eux qui ont pu être facilement reconnus par des proches. Les autorités n'ont pas précisé le nombre exact de victimes enterrées dimanche.

Chaque cercueil blanc a été déposé dans une tombe par des éléments des forces de l'ordre, avant que des responsables religieux musulmans et chrétiens prient brièvement pour le repos de leur âme et ne jettent une poignée de terre dans chaque tombe.

«Ceci doit nous laisser une leçon: quand il y a un accident de ce genre, nous devons nous tenir à l'écart et laisser les secours faire leur travail», a plaidé Mechak, un pasteur de l'Eglise pentecôtiste des Assemblées de Dieu, lors de la cérémonie retransmise en direct à la télévision.

 

trois jours de deuil

Les faits se sont déroulés samedi matin sur la commune de Msamvu, dans l'immédiate périphérie de Morogoro, un ville située à quelque 200 km à l'ouest de la capitale économique Dar es Salaam, sur l'un des principaux axes routiers du pays. Le poids-lourd s'est renversé sur la chaussée, en tentant selon des témoins d'éviter une moto. Dans la foulée, des conducteurs de «boda-boda» - des moto-taxis - ont afflué sur les lieux pour tenter de récupérer du carburant qui s'échappait de la citerne, tout comme des habitants de la commune. Puis l'essence s'est embrasée.

Devant l'ampleur de la catastrophe, le président John Magufuli a décrété samedi soir un deuil de trois jours. M. Magufuli a également chargé le Premier ministre Kassim Majaliwa de le représenter à l'enterrement des victimes de l'explosion, toujours selon le communiqué. La ministre chargée des Affaires parlementaires Jenista Mhagama a précisé dimanche que les premières funérailles se dérouleraient dans l'après-midi. «Les préparatifs sont terminés pour l'inhumation, des tombes individuelles ont été creusées et les cercueils sont prêts», a assuré la ministre Mhagama, ajoutant qu'une équipe de spécialistes était également prête à apporter éventuellement une assistance psychologique aux membres des familles éplorées.

des pillages de plus en plus fréquents

Ce type de tragédie n'est pas rare sur le continent. Début juillet, dans le centre du Nigeria, au moins quarante-cinq personnes étaient mortes et plus de cent blessées lors du pillage par la population d'un camion-citerne accidenté qui avait explosé. La citerne avait pris feu lorsqu'un autocar chargé de passagers avait tenté de passer : son pot d'échappement, en raclant le sol, avait provoqué des étincelles qui avaient enflammé le carburant.

Pour la tragédie de samedi près de Morogoro, le gouverneur et un témoin ont désigné le fait qu'un homme essayait d'arracher la batterie du camion accidenté comme possible cause de l'embrasement du carburant répandu au sol. Tandis que les moto-taxis et résidents s'affairaient à remplir des jerricanes avec le carburant, «une personne tentait d'arracher la batterie du véhicule. Nous avons averti que le camion pouvait exploser à tout moment mais personne n'a voulu nous entendre. Nous avons alors poursuivi notre chemin. Mais à peine avions-nous tourné les talons que nous avons entendu l'explosion», a ainsi rapporté January Michael, un jeune enseignant joint par l'AFP.

En 2015 au Soudan du Sud, à Maridi (300 km à l'ouest de Juba), une catastrophe similaire avait fait au moins 203 morts. En 2010, 292 personnes avaient perdu la vie dans l'explosion d'un camion-citerne à Sange, dans l'est de la République démocratique du Congo.

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