Attaque d'une mosquée en Norvège : la police retient la qualification «terroriste»

Fusillade dans une mosquée près d'Oslo, à Baerum, le 10 août 2019[Terje Pedersen / NTB Scanpix / AFP]

La police norvégienne a retenu lundi les qualifications d'«acte terroriste» et «homicide» contre un jeune homme suspecté d'avoir tiré samedi dans une mosquée des environs d'Oslo et d'avoir également tué sa demi-soeur, des accusations qu'il rejette.

L'homme, identifié par les médias norvégiens comme Philip Manshaus, âgé de 21 ans, doit être présenté à un juge à 13H00 (11H00 GMT) en vue de son placement en détention provisoire.

La police d'Oslo a étendu les soupçons - qui ne portaient jusqu'alors que sur «homicide» et «tentative d'homicide» - pour y inclure la qualification d'«acte terroriste», selon un communiqué publié dans la matinée. En droit norvégien, cette qualification des soupçons formels est l'étape précédant une inculpation.

La police va requérir son placement en isolement total pour quatre semaines, lors d'une audition pour laquelle elle va demander le huis clos.

De son côté, Unni Fries, l'avocate du jeune homme, a indiqué à l'AFP que son client rejetait les accusations dont il fait l'objet.

Des véhicules de police à côté du centre islamique Al-Nour de Baerum, le 10 août 2019 [Terje Pedersen / NTB Scanpix/AFP]
Des véhicules de police à côté du centre islamique Al-Nour de Baerum, le 10 août 2019

Il est accusé d'avoir ouvert le feu samedi après-midi dans la mosquée Al-Noor à Baerum, banlieue résidentielle d'Oslo, et d'avoir par ailleurs tué sa demi-soeur de 17 ans, dont le cadavre a été retrouvé quelques heures après la fusillade.

Muni de deux armes à feu, il avait été maîtrisé par l'une des trois personnes présentes dans la mosquée au moment de l'attaque. L'homme de 65 ans qui s'est jeté sur lui a été légèrement blessé dans l'empoignade. 

Selon les médias locaux, sa demi-soeur, retrouvée morte au domicile du suspect, était d'origine chinoise et avait été adoptée par l'actuelle conjointe de son père. 

Dimanche, la police a indiqué que le jeune homme avait «des vues d'extrême droite». «Il avait des positions xénophobes, il voulait semer la terreur», a déclaré un responsable de la police d'Oslo, Rune Skjold, lors d'une conférence de presse.

Cette fusillade survient dans un contexte de recrudescence d'attaques menées par des suprémacistes blancs, notamment aux Etats-Unis et en Nouvelle-Zélande où 51 fidèles musulmans ont été tués en mars dans deux mosquées de la ville de Christchurch.

Un policier norvégien manipule un robot après la fusillade dans un mosquée près d'Oslo, à Baerum, le 10 août 2019 [Terje Pedersen / NTB Scanpix/AFP]
Un policier norvégien manipule un robot après la fusillade dans un mosquée près d'Oslo, à Baerum, le 10 août 2019

L'auteur de la tuerie de Christchurch avait écrit un manifeste haineux dans lequel il expliquait être influencé par des idéologues d'extrême droite, dont le meurtrier néo-nazi norvégien Anders Breivik. Breivik avait tué 77 personnes le 22 juillet 2011, en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, puis en ouvrant le feu sur un rassemblement de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utøya. Il reprochait à ses victimes de faire le lit du multiculturalisme.

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