Les États-Unis vont interdire de séjour les migrants bénéficiant d'aides sociales

Cette mesure migratoire restrictive entre dans le cadre de la vaste réforme du système d'immigration légale aux Etats-Unis, annoncée par Donald Trump en mai. Cette mesure migratoire restrictive entre dans le cadre de la vaste réforme du système d'immigration légale aux Etats-Unis, annoncée par Donald Trump en mai. [Nicholas Kamm / AFP]

Aux Etats-Unis, le gouvernement de Donald Trump a présenté ce lundi 12 août une nouvelle réglementation, visant à réduire l'immigration légale en interdisant de résidence les migrants bénéficiant d'aides sociales. Elle entrera en vigueur le 15 octobre.

Ce texte de plus de 800 pages se base sur la loi américaine sur l'immigration, qui stipule que ceux qui viennent vivre aux Etats-Unis ne peuvent pas devenir une «charge pour la société». «Depuis des années, cette exigence claire a été largement ignorée, faisant peser une énorme charge sur les contribuables américains. Aujourd'hui, la loi sur les charges pour la société va enfin être mise en oeuvre», s'est félicitée la Maison Blanche.

Ainsi, les immigrants disposant de revenus faibles et percevant des aides sociales (bons d’alimentation, aides au logement, couverture santé Medicaid, etc.) se verront désormais refuser l'octroi de visa ou de «carte verte», la carte de résident permanent aux Etats-Unis. S'ils ont déjà une carte verte, ils ne pourront pas obtenir à la nationalité américaine. Selon des experts, cette réglementation est la plus draconienne de toutes les mesures prises par l'actuelle administration américaine en matière d'immigration depuis son entrée en fonction.

32 millions de personnes potentiellement affectées

Cette décision pourrait affecter 22 millions d'étrangers résidant légalement dans le pays, ainsi que quelque 10 millions d'immigrants installés illégalement aux Etats-Unis, souvent depuis des années. En effet, selon la Maison Blanche, la moitié des familles étrangères résidant aux Etats-Unis comprennent au moins une personne utilisant Medicaid, le système d'assurance maladie public du pays réservé aux plus démunis.

Et 78 % des foyers dont le chef de famille est un étranger peu éduqué utilise au moins un programme d'aide publique. Par exemple, dans le cas de la carte verte, 544.000 personnes en moyenne la demandent chaque année, dont environ 382.000 pourraient tomber sous le coup de la nouvelle réglementation selon la Maison Blanche.

Cette mesure migratoire extrêmement restrictive entre dans le cadre de la vaste réforme du système d'immigration légale aux Etats-Unis, annoncée par Donald Trump en mai, destinée à sélectionner les étrangers sur la base de leur «mérite» et non plus en raison de leurs liens familiaux. Comme en 2016, le président américain veut en effet faire de l'immigration l'un des thèmes-phares de la campagne présidentielle 2020.

Une «politique raciste»

La nouvelle réglementation annoncée par la Maison Blanche a immédiatement été durement critiquée par les associations de défense des droits des immigrés, mais également par des candidats à la primaire démocrate pour la présidentielle 2020, comme Bernie Sanders. «Encore une fois, Trump est prompt à attiser les divisions en s'attaquant aux immigrants pauvres de notre société», a-t-il tweeté.

«Cette mesure aura un impact humanitaire désastreux, forçant certaines familles à faire des sacrifices dans des domaines aussi essentiels que la santé ou l’alimentation», déplore de son côté Marielena Hincapié, directrice exécutive du National Immigration Law Center, certains foyers préférant selon elle renoncer à des aides publiques pour avoir plus de chances d'obtenir des papiers. Son organisation, basée à Los Angeles, va déposer, avec d'autres, un recours devant les tribunaux pour bloquer la mise en oeuvre de cette réforme, qualifiée par le groupe pro-immigrants de «politique raciste».

Les opposants à cette réglementation soulignent par ailleurs que les immigrés non citoyens américains ne constituent qu'une petite part des bénéficiaires des aides sociales aux Etats-Unis. Ils représentent en effet seulement 6,5 % des bénéficiaires de Medicaid, et 8,8 % des bénéficiaires de l’aide alimentaire.

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