Pourquoi Hong Kong continue de manifester après plusieurs mois de conflit ?

Comme chaque année, une manifestation pro-démocratie est organisée à Hong Kong Comme chaque année, une manifestation pro-démocratie a été organisée à Hong Kong le 1er juillet. [Philip FONG / AFP]

Depuis le début du mois de juin 2019, Hong Kong est secoué par une série de manifestations pro-démocratie. Le but du mouvement est notamment d’empêcher une ingérence du gouvernement chinois dans les affaires politiques du territoire autonome.

Un système particulier

Depuis 1997, Hong Kong est revenu dans le giron de la Chine, après avoir été une colonie britannique. À cette occasion, un statut particulier a été accordé à la province. Il permet en théorie le multipartisme, une certaine liberté de la presse, un système législatif et juridique important, mais reste perpétuellement en danger.

Par exemple, le chef de l'exécutif devrait être élu au suffrage universel selon la Constitution, mais le scrutin est continuellement repoussé, laissant la place à Carrie Lam, élue par un conseil électoral largement du côté de la Chine. Cette mainmise de Pékin sur la vie politique d’Hong Kong avait déjà créé une vague de protestations en 2014, à l’occasion du mouvement des parapluies. Selon la loi, le territoire ne sera soumis au système communiste chinois qu'à partir de 2047. 

Au départ, une loi polémique

Le mouvement de manifestations de 2019 est parti d’une loi qui devait être votée, autorisant les extraditions vers la Chine. Cette éventualité inquiétait tant les observateurs que les habitants de Hong Kong, qui craignaient que des opposants au régime de Pékin ne soient arrêtés à tour de bras et emprisonnés en Chine. La lutte contre ce projet politique a été tel que certaines manifestations ont atteint 2 millions de participants, dans une ville qui compte un peu plus de 7 millions d’habitants.

Si le projet de loi a été suspendu, l’ampleur du mouvement est telle que l’annulation pure et simple de cette législation n’est plus l’unique revendication. Le retrait de Carrie Lam de son poste de cheffe de l’exécutif est exigé, ainsi qu’une enquête sur des violences policières et des élections libres, comme cela est prévu par la Constitution.

Face au statu-quo, le début de la violence

Si les manifestants à Hong Kong sont plus adeptes des mouvements pacifistes, de sit-ins et organisations calmes, la longueur du conflit et l’incapacité à faire plier Pékin et l’exécutif de la province ont entraîné une augmentation de la violence. Cela a notamment commencé par l’invasion du Parlement par des militants. Un drapeau britannique y a même été affiché, en guise d’affront à la Chine.

Les tensions augmentent de jour en jour, et donnent lieu à des affrontements de plus en plus réguliers entre manifestants et forces de l’ordre. Le 13 août, des images de violences entre des civils et des policiers à l’aéroport d’Hong Kong ont fait le tour du monde alors que l’idée de départ était de bloquer l’endroit pour faire entendre la voix des militants pro-démocratie. Face à cela, Pékin n’a pas hésité à parler de «signes de terrorismes».

Des chars pour régler la situation ?

Le 15 août, la présence de blindés et soldats chinois a été confirmé par un journaliste de l’AFP à Shenzhen, à la frontière du territoire de Hong Kong. Cette nouvelle fait craindre une intervention des forces de Pékin afin de faire régner l’ordre dans la ville, plus de deux mois après le début des manifestations.

Si la grande majorité des puissances étrangères refusent de prendre la parole dans ce dossier sensible, Donald Trump, en guerre commerciale ouverte avec la Chine, a saisi l'occasion. Il a d’abord tweeté, comme à son habitude, demandant au gouvernement de réagir avec «humanité» face aux manifestants, avant qu’un communiqué ne soit transmis : «Les Etats-Unis exhortent fermement Pékin à respecter ses engagements contenus dans la déclaration conjointe sino-britannique afin de permettre à Hong Kong d'exercer un haut degré d'autonomie». Un avertissement à peine voilé.

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