Avant sa mort, Jeffrey Epstein avait placé 577 millions de dollars dans un fonds

Ce fonds permet d'assurer la confidentialité des bénéficiaires, selon le New York Post qui a révélé l'information. [STEPHANIE KEITH / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP].

Selon le New York Post, qui a pu consulter des documents officiels enregistrés aux îles Vierges américaines, le milliardaire Jeffrey Epstein a transféré la totalité de ses biens, évalués à 577 millions de dollars (environ 520 millions d'euros) dans un fonds aux bénéficiaires inconnus. Ce, deux jours seulement avant son suicide.

D'après un avocat cité par le journal américain, cette procédure est une méthode «classique» qui permet de protéger la confidentialité des bénéficiaires.

Ainsi, aucun nom n’est clairement nommé dans ce fonds, dénommé «Trust 1953». Tout juste sont indiquées les personnes chargées de l’exécuter, précise le journal.

Dans les documents, la vaste résidence du financier à Manhattan, où il aurait abusé de plusieurs jeunes filles dont certaines mineures, est évaluée à quelque 56 millions de dollars (50 millions d'euros environ).

Le ranch de Jeffrey Epstein, située dans l'Etat du Nouveau-Mexique vaudrait quant à lui, 17 millions de dollars (15 millions d'euros) et sa propriété parisienne, dans la très chic avenue Foch, à 8,6 millions de dollars (7,7 millions d'euros).

Le présumé prédateur était par ailleurs propriétaire de deux îles dans les îles Vierges (Little St James Island, surnommée par certains «Ile de la pédophilie»), et Great St James Island, rachetée récemment, à quelque 85 millions de dollars au total (76 millions d'euros).

Toujours selon le New York Post, à ces biens immobiliers s’ajouteraient quelque 307 millions de dollars en actions et autres placements (277 millions d'euros), 56 millions en liquidités (50 millions d'euros), et 18,5 millions pour ses avions privés, bateaux et voitures (16,7 millions d'euros).

Un fonds qui complique sérieusement les demandes d'indemnisation

Enfin, si la méthode du Trust permet d'éviter de connaître les bénéficiaires, elle s'avère également redoutable pour les victimes du financier voulant obtenir des dommage s et intérêts.

Elles devront, pour cela, en effet d'abord persuader un juge de lever toutes la confidentialité du fonds en convainquant le juge qu'elles ont bien été victimes de crimes sexuels

«Il n'est pas rare que les personnes fortunées tentent de dissimuler leurs actifs dans des fonds ou via d'autres montages financiers. Je pense toutefois que la cour voudra bien répondre au bon droit des victimes d’Epstein. Dans le cas contraire, nous nous battrons jusqu'au bout pour que justice soit faite», a déclaré à l'Associated Press l’avocate Lisa Bloom, qui représente plusieurs victimes présumées de Jeffrey Epstein.

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