Hong Kong : après Twitter et Facebook, c'est au tour de Youtube d'agir contre la propagande de Pékin

Une manifestation pro-démocratie à Hong Kong, le 16 août dernier. [© MANAN VATSYAYANA / AFP]

A l'image de Twitter et Facebook, YouTube a annoncé jeudi avoir enrayé une vaste campagne de propagande menée par Pékin sur les réseaux sociaux pour discréditer le mouvement en faveur de réformes démocratiques à Hong Kong.

La plateforme vidéo appartenant à Google a ainsi désactivé 210 chaînes après avoir découvert qu'elles agissaient «de manière coordonnée en mettant en ligne des vidéos liées aux manifestations en cours à Hong Kong», explique Shane Huntley. L'analyste chargé de la sécurité au sein du groupe dénonce notamment «le recours à des VPN et d'autres méthodes pour masquer l'origine de ces comptes».

Twitter et Facebook avaient déjà porté, lundi, des accusations similaires contre les autorités chinoises, précisant avoir suspendu un millier de comptes actifs liés à cette campagne de désinformation (dont certains comparaient les manifestants aux combattants de Daesh). En cause, selon le réseau à l'oiseau bleu ? «Ces comptes cherchaient délibérément et spécifiquement à semer la discorde politique à Hong Kong, et notamment à saper la légitimité et les positions politiques du mouvement de protestation sur le terrain.»

Une bataille d'opinion

Alors que Hong Kong traverse depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997, avec des manifestations quotidiennes, le gouvernement central chinois, qui qualifie le mouvement de «terroriste», laisse officiellement les coudées franches à l'exécutif local et à sa police pour régler la situation – ce qui donne lieu à de violents affrontements.

Sauf qu'en coulisses, il déploie d'importants efforts (robots, trolls, faux comptes...) pour tenter d'influencer l'opinion et montrer le mouvement comme le fruit d'une «ingérence étrangère» , affirment les trois géants du numérique. Comme dénoncé par le centre d'analyse géopolitique Soufan Center, basé à New York, «Pékin mène sur internet une campagne de désinformation visant à démultiplier le soutien manifesté aux autorités de Hong Kong». Et «au fur et à mesure des manifestations, l'attitude de la Chine va devenir plus agressive, à la fois dans le monde réel et virtuel».

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