Pourquoi le Groenland suscite-t-il toutes les convoitises ?

Les ressources et l'emplacement du territoire explique entre autres sa popularité auprès de Donald Trump Les ressources et l'emplacement du territoire explique entre autres sa popularité auprès de Donald Trump[JONATHAN NACKSTRAND / AFP]

Des visites officielles annulées, des déclarations à la presse ou encore des montages sur les réseaux sociaux... La crise diplomatique entre le Danemark et les États-Unis bat son plein depuis la confirmation par Donald Trump de la volonté des Américains d'acheter le Groenland, qui est toujours dans le giron danois.

Il faut dire que le président américain n'a jamais eu peur de faire face à d'autres pays pour arriver à ses fins (Chine, Corée du Nord, Iran...), et ce dossier ne fait pas exception. Car le Groenland n'est pas que d'un bout de terre gelé et peuplé par 56 000 habitants. 

Un enjeu stratégique

Que la vente du territoire aille à son terme ou non, une chose ne devrait pas changer : une base militaire américaine se trouve au Groenland depuis 1943. Et si elle a été installé à cet endroit précis, c'est que cela permet aux États-Unis d'être dans une région où ils ne sont pas leader, notamment face à la Russie. Avec le rachat, le Groenland pourrait servir de zone tampon entre le pays dirigé par Vladimir Poutine et les États-Unis, tout en servant de base avancée. Le fait d'acheter le territoire permettrait donc d'avoir plus de latitude encore dans le contrôle stratégique de la région face à l'augmentation de l'intérêt mondial en Arctique. 

Un enjeu de communication

Il s'agit peut-être de la principale raison expliquant les déclarations de Donald Trump sur le Groenland. Outre le fait que le président américain mette le projecteur de lui-même sur la région, ce qui montre toujours son influence énorme sur la scène géopolitique et médiatique, cet intérêt pour le territoire explicite les intérêts américains en Arctique. Comme le raconte sur Twitter le spécialiste de la région Mikaa Mered : «Les États-Unis redécouvrent leur frontière nord en Arctique. Déjà en retard sur la Russie (...), Washington se doit de répondre à la pression politique exercée par Moscou, mais aussi par la Chine car Beijing a pris des positions stratégiques au... Groenland.»

De plus, alors que la campagne pour l'élection américaine de 2020 à d'ores et déjà débutée, Donald Trump utilise une technique qui a déjà fait ses preuves en 2016 : jouer sur son passé d'homme d'affaires et de négociateur. Sauf qu'à la différence de la première campagne, le fait d'agir ainsi sur la scène géopolitique internationale lui permettra notamment de reprocher à ses adversaires démocrates leur manque d'expérience à cette échelle. 

Un enjeu économique

En cas de vente réussie, les États-Unis bénéficieraient de toutes les ressources présentes au Groenland, comme de l'or, du fer, du pétrole ou encore de l'uranium. Autre intérêt qui pourrait sembler anodin : les réserves d'eau douce. Le Groenland possède environ 10% du stock mondial, ce qui est particulièrement intéressant, puisque la gestion de l'eau est centrale en géopolitique. En 2015, un rapport de l'ONU faisait par exemple le lien entre l'apparition de conflits et les pénuries d'eau dans certains pays. S'il reste donc à ce jour peu probable que le dossier avance véritablement dans le court terme, l'éventualité des gains économiques devrait motiver Donald Trump à ne pas desserrer la vis sur ce dossier. 

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