Les réseaux sociaux accusés de participer à l'extinction des loutres d'Asie

Toutes les espèces de loutres d'Asie sont considérées comme vulnérables ou menacées en raison du rétrécissement de leur habitat naturel et du commerce illégal de leur fourrure.[Michel Hermans/AFP]

Leur mignon petit museau apparaît dans quantité de photos et de vidéos, dont les internautes raffolent. Sur les réseaux sociaux, les loutres ont en effet un succès fou. Mais, selon les écologistes, cet engouement démesuré pourrait causer la perte de ce mammifère déjà menacé.

Nicole Duplaix, coprésidente du groupe spécialisé sur les loutres à l'Union internationale pour la conservation de la nature assure que «le commerce illégal des loutres s'est soudainement accru de façon exponentielle». La demande a notamment bondit dans certains pays d'Asie, comme le Japon, où des cafés à loutres ont fait leur apparition.

Deux espèces, la loutre cendrée et la loutre à pelage lisse, sont particulièrement en danger. Lors de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), l'Inde, le Népal, le Bangladesh et les Philippines ont demandé l'interdiction totale de leur commercialisation internationale.

Leur population a chuté d'au moins 30%

L'objectif est de ralentir la diminution de leur population, qui a chuté d'au moins 30% au cours des trente dernières années. Selon Cassandra Koenen, de l'ONG canadienne Wildlife not pets, ce déclin s'est accéléré avec la mode des loutres de compagnie, qui s'est emparée des réseaux sociaux.

Sur Instagram et Facebook, certains comptes drainent des centaines de milliers de followers, tous désireux de posséder l'animal. Pour répondre à la demande, des pêcheurs et chasseurs indonésiens n'hésitent pas à tuer les spécimens adultes pour revendre leurs bébés. Un petit peut valoir jusqu'à 10 000 dollars.

«Des animaux de compagnie très inadaptés»

Cassandra Koenen déplore cette situation, d'autant plus que «ce sont des animaux de compagnie très inadaptés» qui dégagent une odeur forte et ont tendance à mordre.

En captivité, les loutres ont souvent un accès limité à l'eau, leur élément naturel, et sont isolées, alors qu'elles vivent en communauté à l'état sauvage.

D'autres animaux sont victimes de l'engouement qu'ils suscitent. Lors de la CITES, une plus grande protection a été réclamée pour 22 espèces, parmi lesquelles des lézards, des geckos, des tortues ou encore certaines araignées.

 

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