À Hong Kong, les canons à eau qui visent les manifestants proviennent de France

Les canons à eau peuvent causer de graves blessures Les canons à eau peuvent causer de graves blessures[Capture écran YouTube]

La France pourrait bien se retrouver une nouvelle fois sur le devant de la scène internationale en matière de répression. Mais cette fois-ci, il ne s'agit pas d'affrontements entre forces de l'ordre et manifestants, mais plutôt de ses ventes de matériel d'armement.

Devant la montée des tensions à Hong Kong, causée par le statu quo après des semaines de conflits, le gouvernement a autorisé l'utilisation de canons à eau sur les manifestants le 25 août. Il est d'ailleurs très rare que ce type de technique soit utilisée par la police hongkongaise, et pour cause cela n'est pas anodin. Pour Amnesty International, ce sont «des armes puissantes qui sont non discriminantes par nature et peuvent causer des blessures graves, voire la mort. Cet équipement peut renverser une personne, la pousser dans des éléments statiques, causer une perte de vue permanente ou percuter des objets non fixés qui deviennent alors de véritables projectiles».

Si ces propos pourraient sembler exagérés, d'autant que la France a utilisé ce procédé de dispersion à plusieurs reprises ces dernières années, plusieurs accidents dramatiques ont en effet été recensés au fil du temps. Le plus inquiétant étant la mort d'un manifestant sud-coréen en 2016.

Ces canons à eau ont donc été vendu par une entreprise française à Hong Kong et livré en 2018. En juin 2019, CheckNews révélait que l'entreprise en question se nommait Sides, et que le gouvernement n'avait pas besoin de valider la vente, car les camions ne sont pas classés comme matériel militaire.

Ce qui inquiète les observateurs et ONG comme Amnesty International serait l'utilisation abusive des canons à eau. Alors que les arrestations politiques se multiplient sur place, l'organisation met notamment en avant que des additifs colorés pourraient être ajoutés à l'eau, afin de marquer les manifestants et faciliter des arrestations rapides dès la fin des rassemblements. Difficile cependant de savoir si l'utilisation des canons était exceptionnelle ce 25 août, où s'il faudra s'habituer à ces images dans les jours qui viennent, alors que le mouvement de contestation contre Pékin ne faiblit pas.

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