La page «Territoires palestiniens» disparaît du site de la diplomatie américaine

Des manifestants palestiniens brandissent leurs drapeaux lors d'affrontements avec l'armée israélienne à la frontière avec la bande de Gaza. [© Said KHATIB / AFP]

Un reflet de la diplomatie à la Trump ? Sur le site internet du département d'Etat américain, la disparition d'une page consacrée aux «Territoires palestiniens», et avec elle toutes les informations sur la Cisjordanie et la bande de Gaza, a suscité une vive polémique.

Désormais, la seule référence aux Palestiniens apparaît dans la page consacrée à Israël, lorsque la diplomatie américaine évoque son espoir de voir aboutir un «accord de paix» israélo-palestinien qui, rappelons-le, part très mal.

Sans surprise, le gouvernement de l'Autorité palestinienne a condamné cette disparition, estimant qu'elle confirmait «les biais pro-israéliens» de l'administration Trump. «Refuser de voir la réalité ne suffit pas à en gommer l'existence», a renchéri sur Twitter le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) Saëb Erekat.

Ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël sous la présidence de Barack Obama, Dan Shapiro a aussi jugé que ce changement était «dingue». «Les Palestiniens ne vont pas disparaître. Les intérêts américains requièrent qu'on discute avec eux», a-t-il tweeté.

Des gaffes diplomatiques en série

Si un responsable a assuré mardi qu'il ne s'agissait pas d'un «changement de politique» des Etats-Unis à l'égard de l'Autorité palestinienne, attribuant ce changement à une simple «mise à jour» en cours du site internet, il n'a toutefois pas précisé si la page en question serait rétablie au terme du processus.

La diplomatie «trumpienne» s'est déjà distinguée par plusieurs décisions controversées, comme la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d'Israël à la place de Tel Aviv, puis la souveraineté de l'Etat hébreu sur le plateau du Golan, ou encore la coupe de la quasi-totalité des aides américaines aux Palestiniens. Sans compter les changements sémantiques lourds de sens dans certains rapports diplomatiques, où par exemple «Territoires occupés» devenaient «Territoires palestiniens», niant ainsi l'occupation illégale de la zone par Israël.

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