Afrique du Sud : des violences xénophobes causent la mort de 10 personnes

Des commerces appartenant à des étrangers ont été vandalisés et brûlés. [MICHELE SPATARI / AFP]

Au moins 10 personnes, dont un ressortissant étranger, ont été tuées dans les violences xénophobes cette semaine en Afrique du Sud, a annoncé jeudi le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

Depuis dimanche soir, des dizaines de commerces, appartenant principalement à des étrangers, ont été vandalisés et brûlés dans la région de Johannesburg et dans la capitale Pretoria. Plus de 400 personnes ont été interpellées. Ce sont les pires émeutes xénophobes en Afrique du Sud depuis 2008, quand 62 personnes avaient été tuées dans des circonstances similaires.

Jeudi soir, Cyril Ramaphosa, le président du pays, a dénoncé cette xénophobie «injustifiable» dans une intervention radiotélévisée à la nation. «Nous savons qu'au moins 10 personnes ont été tuées dans ces violences, une d'entre elles est étrangère», a-t-il déclaré, sans préciser la nationalité.

TENSIONS AVEC LE NIGÉRIA

Sur les réseaux sociaux, des rumeurs se sont rapidement propagées sur la nationalité de la victime étrangère, qui serait nigériane. Si bien qu’en représailles, le Nigéria a été le théâtre de violences contre les intérêts sud-africains et plusieurs artistes nigérians ont annulé leurs concerts en Afrique du Sud.

Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, a tenté de calmer le jeu, en précisant qu'«aucun Nigérian n'avait été tué pendant cette crise». «Ce que l'on sait est que des magasins appartenant à des Nigérians ont été pillés», a-t-il ajouté.

Suite aux rumeurs, le Nigeria avait pris la décision de boycotter le Forum économique mondial Afrique, qui se tient cette semaine au Cap, la capitale parlementaire sud-africaine. À la suite de ces «menaces», Pretoria avait annoncé la fermeture «temporaire» de ses missions diplomatiques au Nigeria.

DES INÉGALITÉS QUI PERSISTENT

Les tensions diplomatiques sont désormais apaisées entre les deux grandes puissances économiques du continent. «Le Nigeria ne cherche pas à exacerber les tensions», a assuré un conseiller de la présidence. «Nous allons travailler, entre frères, avec l'Afrique du Sud, pour trouver des solutions à leurs problèmes, qui sont devenus aussi les nôtres», a-t-il ajouté jeudi.

Deux décénies après la chute du régime d'apartheid, l'Afrique du Sud reste un des pays les plus inégalitaires au monde. Alors que le pays de Mandela est devenu la première puissance industrielle du continent et attire de nombreux immigrés africains, des millions Sud-Africains noirs vivent dans une extrême pauvreté, tandis que la minorité blanche (8% de la population) possède la majorité des richesses.

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