Royaume-Uni : des élections anticipées pour sortir de l'impasse sur le Brexit ?

Boris Johnson souhaite organiser des élections anticipées le 15 octobre, afin de se donner une nouvelle majorité au Parlement pour soutenir sa stratégie sur le Brexit. Boris Johnson souhaite organiser des élections anticipées le 15 octobre, afin de se donner une nouvelle majorité au Parlement pour soutenir sa stratégie sur le Brexit. [Danny Lawson / POOL / AFP]

Le feuilleton du Brexit continue au Royaume-Uni. Après un premier revers mercredi 4 septembre, le Premier ministre Boris Johnson soumettra de nouveau au vote des députés, ce lundi 9 septembre, une motion pour organiser des élections anticipées le 15 octobre prochain. Une démarche qui a peu de chances d'aboutir, et qui pourrait renforcer la crise politique à l'œuvre.

La convocation d'élections anticipées constitue désormais le plan de Boris Johnson pour sortir de l'impasse sur le Brexit. Il espère en effet à cette occasion obtenir une majorité pour soutenir sa stratégie sur ce dossier, avant le sommet européen crucial des 17 et 18 octobre à Bruxelles, où l'accord de divorce avec l'UE sera de nouveau discuté.

Le Premier ministre a en effet perdu sa courte majorité - d'un siège - au Parlement cette semaine, après la défection d'un député mardi puis l'exclusion de 21 parlementaires conservateurs le même jour, qui ont voté avec l'opposition une motion empêchant un Brexit sans accord le 31 octobre et repoussant de trois mois le retrait, dans le cas (probable) où Boris Johnson ne trouve pas d'accord de divorce avec l'UE d'ici au 19 octobre. C'est ensuite la ministre chargée du Travail et des Retraites, Amber Rudd, qui a annoncé sa démission samedi soir, quittant du même coup le Parti conservateur.

Mais les partis d'opposition se sont mis d'accord pour voter contre, ce lundi, la proposition de Boris Johnson de convoquer des élections générales anticipées le 15 octobre. En effet, ils n'ont pas confiance en «BoJo» et craignent que celui-ci fasse traîner l'organisation du scrutin, dans le but de faire passer son «no deal» en douce le 31 octobre. L'opposition, menée par les Travaillistes de Jeremy Corbyn, préfère donc sécuriser le report du Brexit, permis par le texte voté à la Chambre des communes mardi et qui doit obtenir l'assentiment de la reine ce lundi, avant de songer à des élections.

Boris Johnson vers la démission ou la prison ?

Si Boris Johnson essuie un nouvel échec, le gouvernement va «simplement continuer», a écrit le Premier ministre conservateur aux lecteurs du tabloïd Sunday Express ce dimanche. Selon plusieurs médias britanniques, il serait même prêt à passer en force et à carrément ignorer la loi devant empêcher un «no deal», passée cette semaine. C'est-à-dire qu'il pourrait refuser de demander à l'UE un report du Brexit, même en cas d'absence d'accord.

«S'il n'y a pas d'accord d'ici au 18 [octobre, NDLR], nous saboterons le report», a déclaré une source au 10 Downing Street au Sunday Times. Une hypothèse confirmée à demi-mot par certains ministres ce week-end. Dominic Raab, en charge des Affaires étrangères, a ainsi affirmé ce dimanche sur Sky News que Boris Johnson n'allait «pas enfreindre la loi», mais que le gouvernement allait «vérifier très soigneusement ce qu'elle exige ou non». Quant à son collègue des Finances, Sajid Javid, il a déclaré ce dimanche sur la BBC que le Premier ministre n'avait «absolument pas» l'intention de demander un délai supplémentaire au Brexit lors du Conseil européen des 17 et 18 octobre.

Ce bras de fer entre le gouvernement et le Parlement pourrait se finir à la Cour suprême, lui laissant la difficile décision de trancher. Il pourrait également causer des gros ennuis à Boris Johnson. En effet, s'il décidait d'ignorer la loi l'obligeant à demander un nouveau report du Brexit (le troisième), il pourrait aller en prison, selon des avocats consultés par les Travaillistes, a dévoilé le magazine The Observer samedi. Un scénario malgré tout improbable selon l'un d'eux, Philippe Sands. «Il se pliera [à la loi, NDLR] ou démissionnera», a-t-il affirmé.

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