Les Etats-Unis ont dû exfiltrer un espion de Russie en 2017 à cause de Donald Trump

Après la rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump en juillet 2017 lors du G20 à Hambourg, des responsables des services de renseignement américains ont affirmé que leur président avait peut-être discuté d'informations classifiées avec son homologue russe. Après la rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump en juillet 2017 lors du G20 à Hambourg, des responsables des services de renseignement américains ont affirmé que leur président avait peut-être discuté d'informations classifiées avec son homologue russe. [Mikhail KLIMENTIEV / SPUTNIK / AFP]

En 2017, les Etats-Unis ont été contraints d'exfiltrer un de leurs espions basés en Russie, qui travaillait au sein du gouvernement de Vladimir Poutine, à cause d'un Donald Trump un peu trop bavard, a révélé la chaîne américaine CNN ce lundi 9 septembre.

Selon une personne impliquée dans les discussions à l'époque et interrogée par CNN, cette exfiltration a été justifiée par la mauvaise gestion d'informations confidentielles par Donald Trump et son administration, augmentant le risque que Moscou découvre l'identité de l'espion, qui était l'une des sources américaines en Russie les plus haut placées.

La décision a été prise après une réunion en mai 2017 dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, entre le président américain, le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov et l'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis Sergueï Kislyak, durant laquelle ont été évoqués par Donald Trump des renseignements hautement confidentiels, fournis par Israël, concernant Daesh en Syrie. CNN précise que le locataire de la Maison Blanche n'a pas révélé l'identité de l'espion, mais que les informations partagées ont augmenté le «risque d'exposition», poussant Washington à procéder à une exfiltration.

Même avant cette opération, les experts américains étaient déjà préoccupés par la mauvaise gestion des renseignements par Donald Trump et son équipe, souligne CNN. Des inquiétudes qui se sont accentuées après la décision d'exfiltrer l'espion de Russie. En effet, après une rencontre entre le président américain et Vladimir Poutine en juillet 2017 au G20 à Hambourg (Allemagne), des responsables des services de renseignement américains ont affirmé que Donald Trump avait peut-être discuté d'informations classifiées avec son homologue russe.

Une grosse perte pour les Etats-Unis

CNN indique que cette exfiltration a dépourvu les Etats-Unis de l'une de leurs sources-clés sur le fonctionnement interne et les plans du Kremlin, à une période où les tensions entre les deux pays s'accentuaient. «L'impact est énorme car il est très difficile de développer de telles sources, en particulier en Russie, car la surveillance et la sécurité y sont très strictes. Vous ne pouvez pas réacquérir une telle capacité du jour au lendemain», a déclaré à CNN un ancien responsable des services de renseignement américains.

Les informations de CNN ont été démenties par Brittany Bramell, directrice des affaires publiques de la CIA. «La spéculation selon laquelle la gestion par le président de nos renseignements nationaux les plus sensibles - auxquels il a accès chaque jour - a mené à une prétendue opération d'exfiltration est inexacte», a-t-elle déclaré à CNN.

De son côté, Donald Trump a - comme il en a pris l'habitude - critiqué CNN dans plusieurs tweets partagés ce lundi 9 septembre, mais sans viser explicitement l'article paru le jour-même. «CNN est mauvais pour les Etats-Unis. Leur division internationale diffuse de mauvaises informations et des fake news partout dans le monde», a-t-il tweeté.

Ces révélations de CNN tombent quelques jours après une nouvelle - supposée - gaffe de Donald Trump. Ce dernier a diffusé sur Twitter le 30 août dernier une photo d'un site de lancement en Iran où aurait explosé une fusée, un cliché qui selon certains spécialistes ressemble à une image classifiée prise par un satellite espion américain.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles