Selon la police britannique, les gangs pourraient tirer profit d'un Brexit sans accord

Les policiers britanniques redoutent les conséquences du Brexit en matière de sécurité publique.[Justin TALLIS/AFP]

Alors qu'un Brexit sans accord semble de plus en plus crédible, les forces de l'ordre britanniques tirent la sonnette d'alarme : les gangs pourraient tirer profit de la situation.

Cette inquiétude intervient après que le Parlement britannique a contraint le gouvernement à publier des documents confidentiels sur l'impact d'une sortie de l'Union Européenne sans accord.

Baptisé «Opération Yellowhammer», le document présente un scénario particulièrement sombre : circulation fortement perturbée, hausse des prix mais aussi pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments.

Ce dernier point en particulier préoccupe les policiers britanniques. Le Guardian fait référence à un rapport officiel dans lequel ils craignent que la demande de médicaments indisponibles devienne «un marché à exploiter» pour les gangs, qui profiteraient de l'inquiétude des malades.

Le risque d'une «protestation généralisée»

Les problèmes de douanes constitueraient une autre opportunité, permettant aux criminels de créer une économie souterraine pour les marchandises restées bloquées dans les ports.

Les forces de l'ordre appréhendent également la réaction de la population. Il alertent sur une potentielle augmentation du nombre de vols si la peur de manquer gagne les Britanniques. Selon le rapport, la situation pourrait, dans le pire des cas, «conduire à une protestation généralisée et à des troubles».

Une police «déjà à bout de forces»

Au delà de ça, les policiers redoutent une perte d'efficacité générale, notamment s'ils n'ont plus accès aux bases de données européennes sur les criminels recherchés et ne peuvent plus faire appel au mandat d'arrêt européen.

Partageant leur inquiétude, Louise Haig, ministre d'Etat chargée du maintien de l'ordre, déplore une police «déjà à bout de forces» et affirme ne pas avoir assez d'agents «pour couvrir les perturbations que provoquerait inévitablement la sortie de l'UE».

«Cela devrait constituer un avertissement incroyablement sévère pour le gouvernement et le public, a-t-elle ajouté. Quitter l'UE sans un accord serait profondément irresponsable pour la sécurité publique.»

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