Brexit, Boris Johnson… Les 5 choses à retenir des mémoires de l'ex-Premier ministre britannique David Cameron

David Cameron a été Premier ministre du Royaume-Uni de 2010 à 2016, et a démissionné après le résultat du référendum sur le Brexit, en juin 2016. David Cameron a été Premier ministre du Royaume-Uni de 2010 à 2016, et a démissionné après le résultat du référendum sur le Brexit, en juin 2016. [OLI SCARFF / AFP]

C'est par lui que le Brexit est arrivé. David Cameron, ancien Premier ministre britannique, va publier ses mémoires, intitulées «For the Record», ce jeudi 19 septembre. Dans son livre, il en profite pour égratigner le chef du gouvernement actuel, Boris Johnson, et revient longuement sur le référendum de sortie du Royaume-Uni de l'UE. Voici les cinq choses à retenir de son ouvrage, dont de larges extraits sont déjà sortis dans la presse britannique.

Il accuse boris johson d'avoir soutenu le brexit par calcul politique

Selon David Cameron, à la tête du Royaume-Uni de 2010 à 2016, Boris Johnson «ne croyait pas au Brexit». Mais, en même temps, «BoJo» savait que «le politicien conservateur qui allait prendre la tête de la campagne en faveur du Brexit - tellement associé à des images de patriotisme, d'indépendance et de romantisme - deviendrait le chouchou du parti», affirme l'ancien dirigeant conservateur de 52 ans.

«Il ne voulait pas prendre le risque que quelqu'un d'autre - en particulier Michael Gove [à l'époque secrétaire d'Etat à la justice, NDLR] - remporte la couronne», poursuit-il. Ainsi, David Cameron conclut que Boris Johnson, qui a été l'une des figures de proue du camp des pro-Brexit durant la campagne du référendum de juin 2016, «s'est risqué à un résultat auquel il ne croyait pas parce que cela pouvait aider sa carrière politique».

Il accuse boris johnson d'avoir menti pendant la campagne du référendum sur le brexit

Pendant la campagne du référendum sur le retrait du Royaume-Uni de l'UE, en 2016, les partisans du divorce, emmenés par Boris Johnson, sillonnaient le Royaume-Uni à bord d'un bus rouge, sur lequel était inscrit : «Nous envoyons à l'UE 350 millions de livres [395 millions d'euros] par semaine, finançons à la place le NHS [le système de santé public britannique, NDLR].» Un slogan qui a vraisemblablement participé à la victoire du Brexit, mais qui a été jugé «fallacieux» par les partisans du maintien dans l'UE.

Dans son livre, David Cameron, qui a fait campagne pour le «Remain», revient sur cette affaire de bus, accusant Boris Johnson d'avoir menti. «Boris a parcouru le pays en bus, il a laissé la vérité à la maison», dénonce-t-il. Michael Gove, lieutenant de Boris Johnson durant la campagne, en prend également pour son grade. «Tous les deux [Johnson et Gove] se sont comportés de façon épouvantable, attaquant leur propre gouvernement, fermant les yeux sur les mauvais gestes dans leur camp et devenant des ambassadeurs du populisme qui tord la vérité.»

Il a appelé les dirigeants internationaux pour s'excuser du brexit

Dans les heures qui ont suivi le résultat du référendum, qui a à la surprise générale donné le Brexit gagnant à 52 %, David Cameron révèle dans son livre avoir appelé les dirigeants européens et le président américain de l'époque Barack Obama, pour s'excuser. «J'ai dit la même chose à chacun : 'J'avais une stratégie pour garder le Royaume-Uni au sein de l'UE. J'ai mis en œuvre ma stratégie. Cela n'a pas marché. Je suis désolé'», relate-t-il.

Il raconte également avoir été «extrêmement abattu» par le résultat du référendum. «Je regrette profondément le résultat et accepte le fait que mon approche a échoué. Les décisions que j'ai prises ont contribué à cet échec. J'ai échoué», écrit-il. Il explique qu'il a senti qu'il n'avait pas d'autre choix que de démissionner suite à ce revers. Il affirme avoir été «triste de quitter son poste mais encore plus triste de voir que le Royaume-Uni allait quitter l'UE».

Il a pu voir son père une dernière fois avant qu'il ne meure grâce à nicolas sarkozy

Une anecdote inattendue figure dans les mémoires de David Cameron. Et elle concerne un ancien président français. David Cameron révèle que son père, Ian, a eu un AVC lorsqu'il était en vacances avec sa femme dans le sud de la France. David Cameron s'est alors précipité à l'aéroport pour prendre l'avion et le rejoindre le plus vite possible. Mais il a reçu un appel de sa mère, qui lui a dit que ce n'était pas la peine, l'état de son père s'étant stabilisé.

«Alors que je rentrais à Downing Street, il y a eu une intervention incroyable», rapporte l'ancien Premier ministre. «Nicolas Sarkozy [à l'époque président de la République, NDLR] m'a appelé pour me dire qu'il avait entendu dire que mon père était malade, et que son équipe avait parlé aux médecins concernés.» Il poursuit : «Ils craignaient que cet AVC soit potentiellement fatal. Il [Sarkozy] m'a dit: 'David, prends l'avion, et je vais t'emmener chez ton père'.»

Arrivé à Nice, David Cameron a été emmené en hélicoptère à l'hôpital, pour voir son père une dernière fois avant qu'il ne décède le 8 septembre 2010. Nicolas Sarkozy a ensuite insisté pour que la famille Cameron reste quelques jours dans sa résidence, situé à côté de Marseille. «C'étaient des gestes extraordinaires, que je n'oublierai jamais. [...] Sans son intervention, je n'aurais pas vu mon père avant ses funérailles. Je n'oublierai jamais cet acte de compassion.»

Il a fumé du cannabis quand il était jeune

Dans un registre plus léger, David Cameron confie dans ses mémoires avoir fumé du cannabis quand il avait environ 15 ans, lorsqu'il était scolarisé à Eton, l'une des écoles les plus prestigieuses du royaume. Il avait pour habitude, avec deux de ses amis, de louer un bateau de son école pour se rendre sur une île, située au milieu de la Tamise, et y «fumer des joints pendant les après-midi d'été».

Un jour, les professeurs ont découvert leur petit manège, et les deux amis de David Cameron ont été exclus de l'établissement. Ce dernier a été convoqué dans le bureau du directeur - «sans doute le pire moment de ma vie», affirme-t-il - et a réussi à éviter l'exclusion en racontant «un paquet de mensonges plus élaborés les uns que les autres» et en assurant notamment n'avoir fumé de la drogue qu'une seule fois. Il a tout de même été sanctionné, en étant interdit de quitter l'enceinte du collège pendant une semaine.

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