Russie : Un incendie dans un centre de virologie abritant la variole, Ebola et de l'anthrax

Les échantillons vivants de variole doivent être manipulés par des scientifiques équipés de scaphandres, avec leurs propres réserves d'oxygène, au sein de laboratoires hermétiquement clos.[AFP]

Un incendie causé par l'explosion d'une bonbonne de gaz a éclaté lundi au centre de virologie Vector de Koltsovo (Russie) abritant notamment les virus d'Ebola et de la variole ainsi que de l'anthrax vivant et actif. L'incident a été pris très au sérieux par les autorités russes.

Selon elles, l'explosion s'est produite au cours de travaux de maintenance. Le feu se serait propagé sur une surface d'environ 30m2 et serait aujourd'hui circonscrit grâce à l'intervention d'une quarantaine de pompiers dépêchés en urgence sur place. Dans l'immédiat, il n'y aurait aucune menace de contamination pour les populations locales d'après Nikolai Krasnikov, maire de Koltsovo. Seul un employé, gravement brûlé au 3e degré, a dû être hospitalisé.

Le centre de virologie Vector est connu pour ses recherches épidémiologiques, menant notamment récemment des essais jugés prometteurs sur un potentiel traitement contre Ebola. Reste qu'en 2004, la chercheuse russe Antonina Presnyakova, qui travaillait sur ce même virus responsable selon l'OMS d'environ 20.000 décès, était morte après s'être accidentellement plantée une aiguille contaminée. Sa mort n'avait été communiquée qu'une dizaine de jours après à l'OMS. Avant elle, deux autres chercheurs, tous les deux contaminés par le virus de Marburg, étaient décédés en 1988 et 1990.

Ces disparitions successives n'ont fait depuis que jeter les suspicions sur l'efficacité des protocoles de sécurité mis en place par le centre Vector. Des inquiétudes légitimes renforcées par l'extrême dangerosité des souches de virus qui y sont stockées. Ainsi, les échantillons vivants de variole (aussi conservés au centre de contrôle des maladies d'Atlanta aux Etat-Unis) doivent être manipulés par des scientifiques équipés de scaphandres, avec leurs propres réserves d'oxygène, au sein de laboratoires hermétiquement clos.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles