Le parti travailliste britannique dans le flou face au Brexit

Les deux leaders travaillistes Tom Watson (à gauche) et Jeremy Corbin (à droite) s'affrontent sur le thème du Brexit Les deux leaders travaillistes Tom Watson (à gauche) et Jeremy Corbin (à droite) s'affrontent sur le thème du Brexit. [©Wikipedia - Rwendland]

Référendum ? Sortie ? Les deux ? Trois ans après le référendum sur le Brexit, les avis sont très partagés au parti travailliste britannique en plein congrès annuel depuis ce 21 septembre à Brighton.

Et pour cause, la direction même de l'organisation politique ne sait pas comment se placer face à l'échéance. Jeremy Corbyn, leader du parti d'opposition et profondément eurosceptique, refuse purement et simplement de choisir si oui ou non le Brexit doit avoir lieu. Une prise de position absente et agaçante pour les travaillistes pro-européens, qui souhaitent lancer une vraie campagne en faveur du maintien dans l'Union. 

Face aux critiques, il a finalement appelé à un nouveau référendum en cas de victoire des travaillistes aux élections législatives anticipées qui pourraient être convoquées par Boris Johnson mi-octobre. Les termes de ce plébiscite seraient un maintien dans l'Union Européenne contre une sortie avec accord.

D'abord opposé à cette idée, celui que certains voient comme l'homme politique le plus détesté du pays a donc finalement consenti à ce nouveau référendum demandé par la base du parti, sans pour autant donner son avis personnel. Mais tous ne sont pas d'accord, à commencer par le numéro 2 des travaillistes. Tom Watson réclame ce nouveau référendum avant les élections. Une demande pas si absurde, quand on sait que les récents sondages donnent les conservateurs assez largement vainqueurs en cas de législatives. Les tensions sont montées si haut que Watson a failli perdre sa place via une motion pour supprimer son poste lors du congrès, finalement retirée. 

Toutes ces questions particulièrement sensibles empêchent le parti de se placer sur les autres débats qui touchent le Royaume-Uni, comme l'écologie ou le droit des travailleurs. Certains militants souhaiteraient forcer un vote pour définitivement donner un cap aux travaillistes d'ici au 25 septembre et la fin du congrès annuel. De quoi créer encore un peu plus de colères et de tensions dans un parti ouvertement malade. 

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