Hassan Rohani attaque les États-Unis lors de son discours à l'ONU

La paix entre États-Unis et Iran, ce n'est pas pour demain La paix entre États-Unis et Iran, ce n'est pas pour demain[Don Emmert / AFP]

Les puissances européennes comme l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France auront eu beau s'activer pour organiser une réunion entre Donald Trump et Hassan Rohani à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU, rien n'y aura fait. Et ce n'est pas le discours du président iranien ce 25 septembre qui changera la donne.

«Nous subissons le terrorisme économique le plus impitoyable», a exprimé le leader perse à l'estrade lors du Débat général réunissant tous les chefs d'État du monde. Par ces mots, il fait référence aux sanctions américaines qui ont plongé le pays dans une grave crise économique. Il a poursuivi en expliquant que l'Iran ne négocierait pas avec un pays «brandissant l'arme de la pauvreté et des sanctions». 

Les Européens, «incapables d'agir», n'ont donc d'autre choix que d'accepter ce statu quo dans la crise qui oppose l'Iran aux États-Unis. Par ce discours, Hassan Rohani n'a pas changé la position que son pays occupe depuis plusieurs années : pas de négociation tant qu'il y a des sanctions.

L'Amérique au coeur de tous les maux

Sur les autres dossiers, comme la sécurité au Moyen-Orient, le président iranien a poursuivi sa litanie d'attaque contre les États-Unis. Le «deal du siècle» de Trump est ainsi «voué à l'échec» et la paix reviendra dans la région quand «les troupes américaines se seront retirées». 

Accusé par l'Arabie Saoudite, Donald Trump et le trio anglo-germano-français d'avoir commandité l'attaque sur les usines pétrolières saoudiennes, Hassan Rohani a profité de l'occasion pour continuer de nier l'implication de son pays. Cependant, dans une menace à peine voilée, il a assuré que «la sécurité de l'Arabie Saoudite sera garantie si l'agression au Yémen prend fin». Pour rappel, les deux puissances se livrent une guerre dans le territoire yéménite depuis cinq ans, par l'intermédiaire des rebelles (soutenus par l'Iran) et des forces loyalistes (soutenues par l'Arabie Saoudite). 

Le discours d'Hassan Rohani n'était donc en rien innovant par rapport aux années précédentes. Cependant, il a montré qu'il n'était pas prêt à se plier aux pressions exercées par Emmanuel Macron ou Boris Johnson pour rencontrer Donald Trump. Le conflit entre l'Iran et les États-Unis est donc bien parti pour durer de longs mois. 

À suivre aussi

Etats-Unis «Saturday Night Live» : Paul Rudd en Emmanuel Macron règne sur la cafèt de l’OTAN
L'émissaire américain pour l'Iran Brian Hook, le 16 octobre 2019 à Washington [TASOS KATOPODIS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP]
Diplomatie Les Etats-Unis accusent le régime iranien d'avoir tué plus de 1.000 manifestants
Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif parle lors d'une conférence à Téhéran, le 21 octobre 2019 [ATTA KENARE / AFP/Archives]
Diplomatie Nucléaire : l'Iran et les Européens tentent de maintenir le dialogue

Ailleurs sur le web

Derniers articles