Benjamin Netanyahou peut-il réussir son nouveau challenge ?

Benjamin Netanyahou est officiellement chargé de former un nouveau gouvernement Benjamin Netanyahou est officiellement chargé de former un nouveau gouvernement. [DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP]

Comme un long épisode d'House of Cards. Benjamin Netanyahou, choisi par le président israélien Reuven Rivlin pour diriger le prochain gouvernement du pays, va entamer des négociations pour mettre fin au blocage politique dans le pays. Un projet qui s'annonce difficile.

Et pour cause, dans la seconde qui a suivi la nomination, Benny Gantz et son parti Bleu-blanc ont refusé de prendre part à un gouvernement d'union avec le Premier ministre en place depuis vingt ans. La raison avancée est plutôt simple : «le parti que je dirige n'acceptera pas de siéger dans un gouvernement dont le chef est sous le coup d'un grave acte d'accusation», a expliqué l'ancien chef d'état-major, faisant référence aux soupçons de corruption et d'abus de pouvoir qui touchent Benjamin Netanyahou. Ce dernier sera d'ailleurs entendu par la justice dans les jours suivants. 

Si cela pose problème au niveau moral pour le parti Bleu-blanc, juridiquement, rien n'empêche Benjamin Netanyahou d'être Premier ministre tant qu'il n'est pas condamné et que tous les recours sont épuisés. Un processus long, qui pourrait être renforcé par une immunité votée au Parlement dans les mois qui viennent. 

Sauf que sans Bleu-blanc, Benjamin Netanyahou pourrait vite se retrouver dans une nouvelle impasse politique. En effet, si avant l'annonce de Reuven Rivlin les deux vainqueurs de l'élection législative du 17 septembre semblaient d'accord pour créer un gouvernement d'union nationale, le refus de Benny Gantz change tout. Car même en comptant sur leurs alliés, aucun des deux partis ne peut atteindre les 61 députés nécessaires à une majorité au Parlement. 

Si le leader du Likoud ne trouve pas de solution pour contraindre Bleu-blanc à rejoindre son gouvernement, Reuven Rivlin nommera une autre personne pour réussir cette tâche. Un autre leader du Likoud serait d'ailleurs accepté par Benny Gantz (s'il n'est pas lui-même nommé), si l'on en croit ses propos. 

Sauf que Benjamin Netanyahou n'est pas un homme acceptant facilement l'échec. Son poste pouvant, si la loi est votée, le prémunir d'une future condamnation judiciaire, il ne compte pas s'avouer vaincu. Il n'est donc pas impossible qu'il demande à nouveau au Parlement de se dissoudre afin d'organiser de nouvelles élections, comme cela avait été le cas en mai 2019. Un scénario qui contraindrait les Israéliens à retourner aux urnes une troisième fois en moins d'un an. 

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