Une nouvelle crise politique en Egypte ?

Des manifestants dans les rues du Caire, vendredi 20 septembre. Des manifestants dans les rues du Caire, vendredi 20 septembre. [STR / AFP]

Un millier de personnes ont été arrêtées depuis vendredi dernier en Egypte, suite à des manifestations contre le président Sissi. Le pays pourrait se retrouver englué dans une nouvelle crise politique, d’autant que ses opposants doivent à nouveau descendre dans la rue ce vendredi.

Pourquoi maintenant ?

L’Egypte se trouve dans un contexte économique et social tendu, où un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté (moins de 480 euros de revenu par an). Elle doit également faire face à un régime autoritaire, où l’état d’urgence interdit de manifester contre le pouvoir. L’étincelle ayant embrasé la grogne est arrivée par Mohamed Aly, un chef d’entreprise exilé en Espagne. Dans des vidéos diffusées sur internet, il accuse le président Sissi et l’armée de corruption et affirme que les autorités lui doivent des centaines de milliers d’euros. Vendredi dernier, des centaines d’Égyptiens ont répondu à son appel de descendre dans la rue, en bravant les interdits. Ils réclamaient le départ du président Sissi.

De son côté, Mohamed Aly a réitéré son appel à manifester ce vendredi, pour demander au chef d’Etat de partir.

Une répression dénoncée

Depuis vendredi dernier, plus de 1 000 personnes auraient été arrêtées, selon des ONG locales. Les forces de l’ordre ont dispersé la foule par des tirs de gaz lacrymogènes, avant de s’en prendre à des journalistes, à des universitaires et à des militants politiques opposés au pouvoir. L’un d’eux, Hassan Nafaa, professeur à l’université du Caire, a même été arrêté mardi directement à son domicile. Dans son dernier tweet, il disait ne pas voir de doute «que le pouvoir absolu de Sissi va mener à une crise. C’est dans l’intérêt de l’Egypte qu’il quitte le pouvoir aujourd’hui».

Ces arrestations ont été dénoncées par des ONG internationales comme Amnesty International, Human Rights Watch ou The Committee to protect journalists.

Soutiens internationaux et rempart contre l’islamisme

Abdel Fattah al-Sissi bénéficie sur la scène internationale de plusieurs soutiens, dont celui des Etats-Unis. Il est en effet vu comme un rempart contre les extrémistes religieux. C’est lui qui avait été à la manœuvre de la destitution par l’armée, dont il était maréchal, de Mohamed Morsi, président islamiste du pays issu des Frères musulmans, en juillet 2013. Des partisans de ce parti, considéré comme terroriste par l’Egypte et d’autres Etats tel que la Russie ou l’Arabie saoudite, avaient alors été réprimés dans le sang. Depuis le président Sissi est accusé d’avoir élargi sa répression, en interdisant des manifestations anti-pouvoir de militants laïcs et de gauche.

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