Russie : la consommation d'alcool a chuté de 43 % depuis 2003

La baisse de la consommation d'alcool a contribué à la hausse de l'espérance de vie en Russie, qui a atteint un niveau record en 2018. La baisse de la consommation d'alcool a contribué à la hausse de l'espérance de vie en Russie, qui a atteint un niveau record en 2018. [ANDREY SMIRNOV / AFP]

La vodka délaissée. La consommation d'alcool en Russie, réputée pour être un pays de gros buveurs, a diminué de 43 % entre 2003 et 2016, selon un rapport de l'Organisation mondiale de santé (OMS) publié ce mardi 1er octobre.

«La Russie a longtemps été considérée comme l'un des pays où l'on boit le plus au monde», indique l'étude, rappelant que l'alcool a fortement contribué à la hausse des décès dans les années 1990 et au début des années 2000, consécutive à la chute de l'URSS (1991). «Cependant, ces dernières années, ces tendances se sont inversées», souligne l'OMS.

Selon les auteurs du rapport, cette baisse colossale de la consommation d'alcool a contribué à la hausse de l'espérance de vie en Russie. Celle-ci a atteint un niveau record en 2018, pour s'établir à 78 ans pour les femmes et 68 ans pour les hommes. Au début des années 1990, l'espérance de vie des hommes n'était que de 57 ans. La mortalité résultant de toutes les causes possibles a en parallèle diminué de 39 % chez les hommes entre 2003 et 2018, et de 36 % chez les femmes.

Des politiques de restriction

Selon l'OMS, il y a «un lien de causalité clair entre la mise en place de politiques de contrôle de la consommation d'alcool et l'inversion des courbes de mortalité». En effet, sous Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 1999 (alternativement comme Premier ministre et président), la Russie a peu à peu introduit des restrictions drastiques, comme l'interdiction de vendre les boissons les plus alcoolisées dans les magasins après 23h. Le prix minimum de vente au détail des alcools forts, comme la vodka, a aussi drastiquement augmenté, tandis que la publicité a été interdite.

Une politique qui rappelle celle qu'avait instaurée le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, à la tête de l'URSS entre 1985 et 1991. Celui-ci avait tenté de réduire la consommation d'alcool en interdisant partiellement la vente des spiritueux au milieu des années 1980. Mais après la dissolution de l'URSS en 1991, la consommation d'alcool avait explosé et n'avait cessé d'augmenter jusqu'au début des années 2000, avant de baisser avec Vladimir Poutine, qui promeut un mode de vie sain en ne buvant pas et en s'affichant en amateur de sport. Ainsi, selon les précédents rapports de l'OMS, les adultes en Russie boivent désormais moins d'alcool en moyenne qu'en France, en Allemagne ou au Portugal.

Malgré tout, l'OMS rappelle que, malgré ces efforts, la consommation d'alcool par habitant en 2016 en Russie s'est élevée à 11,7 litres d'alcool pur par an (pour la population de plus de 15 ans), ce qui constitue «toujours l'un des niveaux les plus élevés au monde» et ce qui est «plus élevé que la moyenne européenne (9,8 litres)». Et si l'on prend seulement les buveurs hommes, ceux-ci ont ingurgité en moyenne 30,5 litres d'alcool en 2016 (l'équivalent de 152 bouteilles de vodka ou de 1.215 bouteilles de bières de 0,5 litre).

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