Tout savoir sur Extinction Rebellion, le mouvement activiste écolo qui fait parler de lui

Après avoir occupé pendant 17 heures le centre commercial Italie 2, au sud-est de Paris, entre ce samedi 5 et ce dimanche 6 octobre, les militants du mouvement écologiste radical Extinction Rebellion lancent ce lundi 7 octobre une semaine internationale d'actions pour le climat. Ce mouvement, né au Royaume-Uni il y a à peine un an, ne cesse de gagner du terrain, notamment en France.

Premier coup d’éclat en même temps que les gilets jaunes

Si Extinction Rebellion est né au Royaume-Uni en octobre 2018, son premier coup médiatique a été organisé le 17 novembre. Soit le même jour que la première mobilisation des gilets jaunes, de notre côté de la Manche. Ce samedi-là, à Londres, environ 6.000 personnes ont bloqué le trafic sur les cinq ponts principaux de la capitale anglaise, au-dessus de la Tamise. En France, sa première action date du 25 mars, quand des militants s’étaient allongés dans le Muséum d’histoire naturelle de Paris.

Des actions non-violentes

Selon Extinction Rebellion, se rebeller contre l’inaction climatique est un devoir. Pour cela, le mouvement prône la désobéissance civile, mais toujours dans le respect d’un principe fondamental : la non-violence. Si les militants reconnaissent que de simples marches ne permettront jamais d’obtenir quelque chose, ils refusent toute forme de casse. La violence décrédibiliserait leur message, estiment-ils, et exclurait des sympathisants, comme les familles.

Ainsi, ils bloquent des routes ou des batiments institutionnels en formant des chaînes humaines, s’introduisent au Parlement britannique presque nus, font un «die-in» (faire semblant d’être mort) dans des musées, ou déversent plus d’une tonne de vêtements devant les vitrines d’un grand magasin parisien de prêt-à-porter.

Quatre revendications principales

Le mouvement - dont le logo représente un sablier dans la Terre, pour symboliser le temps qui est compté pour de nombreuses espèces - articule sa raison d’être autour de quatre exigences. La première, indiquée sur son site internet, souhaite «la reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles», accompagnée d’une «communication honnête sur le sujet». La deuxième réclame «la réduction immédiate des gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025, grâce à une réduction de la consommation et une descente énergétique planifiée». Le but est de contraindre les gouvernements à agir et d’abandonner définitivement les énergies fossiles.

La troisième est «l’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres», qui sont, souligne le mouvement, «à l’origine d’une extinction massive du monde vivant». Une restauration écologique à la mesure des dégâts déjà effectués est également demandée. Enfin, la quatrième demande est «la création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs, et garante d’une transition juste et équitable». En d’autres termes, Extinction Rebellion veut que le pouvoir soit transféré des gouvernements aux citoyens (aidés d’avis scientifiques) en ce qui concerne les questions d’environnement.

Une organisation présente sur tous les continents

Extinction Rebellion est présent sur chaque contient, affirmant disposer de structures locales dans 49 pays. Entre autres, le Royaume-Uni, la France, l'Italie ou l'Allemagne pour l’Europe, les Etats-Unis pour l’Amérique, l'Afrique du Sud pour l’Afrique, l'Australie et la Nouvelle-Zélande pour l’Océanie, l'Inde ou le Japon pour l’Asie… Il est en revanche très difficile d’estimer le nombre de militants du mouvement. Certaines personnes s’impliquent dans des actions concrètes, d'autres sont de simples sympathisants, qui soutiennent - parfois par des dons -, mais ne se mobilisent pas physiquement.

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