Offensive turque en Syrie : les réactions internationales

La Turquie a commencé à mener des frappes aériennes au nord-est de la Syrie, faisant déjà deux morts parmi les civils. La Turquie a commencé à mener des frappes aériennes au nord-est de la Syrie, faisant déjà deux morts parmi les civils. [Delil SOULEIMAN / AFP]

La Turquie a lancé ce mercredi une offensive militaire dans le nord-est de la Syrie, visant la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). Un groupe considéré par Ankara comme terroriste, mais soutenu par les pays occidentaux pour le rôle qu'elle joue dans la lutte contre Daesh. Cette attaque a donc provoqué des réactions internationales indignées, ses conséquences directes étant par ailleurs extrêmement redoutées.

Quelques instants après le début de l'opération turque, la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, a déclaré, devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, que la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni «condamn[aient] très fortement et très fermement» cette offensive, et que ces trois pays allaient saisir le Conseil de sécurité de l'ONU. Quelques minutes plus tard, une réunion d'urgence du Conseil a été annoncée pour ce jeudi 10 octobre.

Selon l'Allemagne, cette attaque «risque de déstabiliser davantage la région et de provoquer une résurgence» de Daesh, a affirmé le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, dans un communiqué.

L'Union européenne (UE) a également réagi, par la voix du président de la commission européenne Jean-Claude Juncker. «La Turquie doit cesser l'opération militaire en cours. Elle ne donnera pas de résultat. Et si le plan de la Turquie est la création d'une zone de sécurité, n'attendez pas de financement de l'Union européenne», a-t-il dit devant le Parlement européen réuni à Bruxelles. Une référence à la volonté du président turc Recep Tayyip Erdogan de créer une zone tampon en Syrie pour éloigner les YPG de la frontière turque et y accueillir les réfugiés syriens.

Aux Etats-Unis, l'inaction de Donald Trump face à l'offensive turque contre les Kurdes, alliés des Américains et qui ont grandement participé à la défaite militaire de Daesh en Syrie et en Irak, est dénoncée jusque dans son propre camp républicain. «Priez pour nos alliés kurdes qui ont été honteusement abandonnés par l'administration Trump», a notamment écrit sur Twitter l'influent sénateur républicain Lindsey Graham, proche du président américain. «Je vais mener les efforts au Congrès pour qu'Erdogan paie très cher», a-t-il lancé, ajoutant que cette offensive «garantit la résurgence de Daesh».

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a affirmé qu'il «compt[ait] sur la Turquie pour faire preuve de retenue et veiller à ce que les progrès réalisés dans la lutte contre Daesh ne soient pas compromis». Le Norvégien a également annoncé qu'il discuterait de cette question avec Recep Tayyip Erdogan lors de sa visiste à Ankara prévue ce vendredi 11 octobre.

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