Le réseau social TikTok retire des vidéos de propagande de Daesh

L'application chinoise de partage de vidéos TikTok, très populaire chez les adolescents, a supprimé plusieurs comptes qui postaient des vidéos de propagande de Daesh. Encore un réseau social touché par ce fléau, après Facebook ou YouTube.

C'est le Wall Street Journal qui a révélé cette information, ce lundi 21 octobre, confirmée le lendemain par l'AFP. Selon le journal américain, «deux douzaines de comptes», identifiés par l'agence Storyful, spécialisée dans les informations extraites des réseaux sociaux, ont été supprimés. Un collaborateur de TikTok, interrogé par l'AFP, a de son côté avancé le chiffre de dix comptes désactivés pour avoir publié du contenu lié à Daesh.

«Seule une de ces vidéos avait, avant d'être retirée, un nombre de vues à deux chiffres», a tenu à souligner le salarié, qui a requis l'anonymat. Une information qui correspond à l'article du Wall Street Journal, lequel a fait état d'une vidéo à 68 likes, et de plusieurs comptes à environ 1.000 followers, soit des audiences relativement faibles pour une application qui revendique 500 millions d'utilisateurs dans le monde.

Des vidéos de propagande reprenant les codes des réseaux sociaux

Selon le quotidien économique américain, ces séquences montraient, entre autres, des cadavres exhibés dans les rues, des combattants de Daesh avec des armes, ou encore des femmes se disant «jihadistes et fières», sur fond de chansons à la gloire de l'organisation islamiste. Tout cela en reprenant les codes des réseaux sociaux, à base de filtres, de musique entraînante et d'emojis en forme de fleurs, d'étoiles ou de cœurs.

Une façon de recruter de nouveaux membres du groupe terroriste, jeunes qui plus est - un tiers des utilisateurs de TikTok ont moins de 18 ans selon le Wall Street Journal -, mais pas seulement. Selon Elisabeth Kendall, chercheuse spécialisée dans les organisations extrémistes de l’Université d’Oxford, citée par le journal américain, il peut s'agir seulement de susciter un enthousiasme et un soutien à Daesh. «Cette méthode accrocheuse de propagande de l’idéologie de Daesh signifie qu’elle se propage rapidement et reste gravée dans la mémoire collective. Elle a tendance à être beaucoup plus efficace que les sermons ou les débats et traités théologiques», analyse-t-elle.

TikTok face au défi de la modération des contenus extrémistes

Pour se défendre, TikTok a assuré qu'il avait des règles interdisant la promotion d'organisations terroristes, et luttait contre les contenus extrémistes à l'aide d'une équipe de modérateurs en Chine et aux Etats-Unis. «Nous imposons une interdiction permanente à tout compte de ce type et à tout terminal auquel il est lié, dès lors que ceux-ci sont identifiés, et nous mettons continuellement en place des contrôles de plus en plus stricts afin de détecter de manière proactive les activités suspectes», a-t-elle souligné dans un courriel transmis à l'AFP.

Darren Davidson, le rédacteur en chef de Storyful, est également venu au secours de TikTok, en indiquant que «le volume considérable de contenus (diffusés par l'application) fait qu'il est difficile pour TikTok de surveiller sa plate-forme et d'éradiquer ces vidéos». Le réseau social chinois, propriété du groupe ByteDance, fait donc face au même problème qu'ont rencontré par le passé Facebook ou YouTube, qui ont dû massivement investir dans la modération des contenus extrémistes. Ce qui reste encore pour elle un véritable challenge, comme le montrent notamment les attentats de Christchurch (Nouvelle-Zélande) en mars dernier, diffusés en direct sur Facebook. 

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