Pédophilie, écologie, prêtres mariés... Quels sujets seront abordés lors de l'assemblée des évêques de France ?

Réunis à Lourdes, les évêques de France débattront notamment des modalités de l'allocation financière pour les victimes de pédophilie dans l'Eglise, qui devrait être instaurée dès 2020. Réunis à Lourdes, les évêques de France débattront notamment des modalités de l'allocation financière pour les victimes de pédophilie dans l'Eglise, qui devrait être instaurée dès 2020. [ERIC CABANIS / AFP]

Les quelque 120 évêques catholiques de France se réuniront en assemblée plénière à partir de ce mardi 5 novembre à Lourdes (Hautes-Pyrénées), et jusqu'au dimanche 10 novembre, pour parler d'écologie, mais surtout d'une possible allocation «financière» pour les victimes de pédocriminalité dans l'Eglise. Les propositions d'évêques latino-américains d'ordonner prêtres des hommes mariés et d'envisager que des femmes puissent être diacres devraient également être évoquées.

Un «geste de reconnaissance financière» pour les victimes de pédophilie dans l’église

Un «geste de reconnaissance financière» sera prochainement mis en place pour les victimes de pédophilie au sein de l'Eglise catholique, a indiqué ce dimanche 3 novembre à Franceinfo le porte-parole de la conférence des évêques de France, Thierry Magnin. «La décision de principe est actée», a-t-il assuré, mais pas encore les modalités de cette «allocation». Ce sera aux évêques de France réunis à Lourdes en assemblée plénière de les fixer, avant un vote prévu ce samedi 9 novembre.

Ce «geste fort de solidarité ne sera pas une indemnité», mais plutôt «un forfait, dont le montant fait partie des discussions» (il se comptera en milliers d'euros) et qui pourrait être mis en œuvre courant «2020», a affirmé Thierry Magnin. Cette «allocation» s'adressera à l'ensemble des victimes, qu'elles aient été indemnisées ou non au terme d'une procédure judiciaire, mais également aux victimes dont les faits sont prescrits et «qui se sont manifestées auprès des cellules d'écoute dans les diocèses».

Environ 200 personnes pouvant prétendre à cette «allocation» ont déjà été identifiées, selon Franceinfo. Mais il pourrait y en avoir davantage, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise - qui a démarré ses travaux en juin - ayant déjà reçu 2.000 appels téléphoniques. Son président, Jean-Marc Sauvé, ex-vice-président du Conseil d'Etat, présentera d'ailleurs aux évêques jeudi un rapport d’étape de son instance.

Pour financer cette «allocation de reconnaissance de la souffrance des victimes» - c'est son nom officiel -, l'Eglise devrait créer un «fonds spécifique de dotation», alimenté par un appel aux dons - dont la forme est à définir. Un dispositif qui sera soumis au vote des évêques lors de l'assemblée plénière.

Des débats sur l'écologie avec des laïcs

Les deux premiers jours de l'assemblée plénière, mardi et mercredi, seront consacrés à l'écologie, avec pour la première fois des laïcs qui seront invités à participer aux échanges. Les évêques ont en effet été invités à venir à Lourdes avec deux personnes baptisées de leur diocèse - homme ou femme, laïc, consacré, diacre ou prêtre -, soit 200 personnes environ, pour discuter de ce thème cher au pape François, qui avait publié en 2015 l'encyclique «Laudato si» («Loué sois-tu») à tonalité écologique et sociale.

«C'est la première fois que les évêques seront minoritaires dans leur assemblée plénière. L'idée est d'entrer davantage dans une conversion écologique, collectivement, au niveau des évêques et dans les diocèses», souligne Thierry Magnin. «L'écologie est un appel, une question de société forte. C’est important que l’Eglise y participe en se laissant toucher par des témoins qui nous diront comment ils ont été touchés par ces enjeux», précise-t-il, cité par le site internet d'actualité religieuse Aleteia.

Prêtres mariés et femmes diacres

La rencontre des évêques se fera également l'écho du synode sur l'Amazonie, qui a réuni pendant trois semaines à Rome en octobre quelque 180 évêques et religieux, majoritairement issus des neufs pays d’Amérique du Sud concernés par l’Amazonie.

Le 27 octobre, ces derniers ont présenté leurs suggestions, la plus révolutionnaire consistant à demander au pape d'ouvrir la prêtrise aux hommes mariés, qui devront d'abord être diacres - les diacres sont ordonnés pour prononcer le sermon à la messe, célébrer baptêmes, mariages et funérailles - et ensuite recevoir une formation adéquate.

Les évêques rassemblés à Rome ont également proposé au souverain pontife que des femmes puissent devenir diacres - une fonction actuellement réservée aux hommes. Deux sujets tabous pour les catholiques traditionalistes dans le monde. L'épiscopat français ne se positionnera pas formellement sur ces sujets à Lourdes.

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