39 morts dans un camion frigorifique au Royaume-Uni : ce que l’on sait

Si la stupeur et l’effroi sont toujours de mise en Grande-Bretagne, après la découverte de 39 corps dans un camion à l’est de Londres, l'enquête ouverte a permis d'en savoir un peu plus sur ce drame.

La découverte

Les 39 corps (dont celui d’un adolescent) ont été découverts dans la nuit de mardi à mercredi, dans la remorque d’un camion frigorifique, stationné dans une zone industrielle de Grays (Essex), à une trentaine de kilomètres de Londres. Ce sont les services de secours qui ont donné l’alerte à la police, après avoir ouvert le camion.

«C’est une tragédie inimaginable qui fend le cœur», a déclaré Boris Johnson à propos de cette macabre découverte. Une enquête pour meurtre a été ouverte.

Les victimes

Selon les premiers éléments de l’enquête, les victimes seraient 38 adultes et un adolescent. On a appris que toutes étaient d'origine vietnamienne.

L’identification des victimes est la «priorité numéro un», a assuré la police de l’Essex. Alors que l’on parlait dans un premier temps d’une origine bulgare, le ministre des Affaires étrangères du pays avait indiqué que c’était «hautement improbable», en se basant sur les indications de la police britannique, pointe le Guardian.

Selon des médias britanniques, les personnes auraient pu mourir congelé, dans des températures avoisinant les moins 25°C.

L’origine du camion

La police britannique a indiqué que la remorque frigorifique est arrivée sur le territoire via le port de Purfleet, sur la Tamise, en provenance de celui de Zeebruges, au nord de la Belgique. Le parquet fédéral belge a d’ailleurs ouvert une enquête immédiatement, pour savoir combien de temps le container est resté en Belgique. Les forces de l’ordre avait d’abord indiquée que le camion venait de Bulgarie. Le ministre bulgare des Affaires étrangères a confirmé que la remorque était bien immatriculée dans son pays, par un citoyen irlandais. «Elle n’est plus entrée sur le territoire de notre pays depuis. Il n’y a pas de lien avec nous, seulement les plaques d’immatriculation», a-t-il déclaré.

En revanche, la cabine du camion (qui tracte la remorque) a voyagé séparément jusqu’à la zone industrielle de Grays, en provenance d’Irlande du Nord. La remorque aurait été récupérée quelques instants avant que les secours ne soient alertés, pointe le Guardian.

Le chauffeur

Les médias britanniques indiquent que le conducteur se nomme Mo Robinson et habite en Irlande du Nord, à Portadown. Il est âgé de 25 ans et a été arrêté dans le cadre de l’enquête ouverte pour meurtre. Deux maisons ont été perquisitionnées dans le pays, en lien avec lui.

Un trafic d’être humain ?

Si l’identité des victimes n’est pas encore connue, les pistes se dirigent vers un trafic de migrants. La ministre britannique de l’Intérieur a d’ailleurs indiqué que les services de l’immigration travailleront «étroitement» avec la police pour savoir ce qu’il s’est passé. Elle a par ailleurs qualifié cette affaire comme «l’un des plus horribles crimes contre l’Humanité».

L’ancien directeur du service de lutte contre l’immigration britannique a expliqué sur la BBC que «Zeebruges est un port de fret et de containers, où l’accent n’est pas mis sur les contrôles d’immigration, tout comme celui de Purfleet. A première vue, c’est une route plutôt sûre à utiliser pour le crime organisé». En Autriche, le chef de l’Office de lutte contre les trafics d’être humain a indiqué que la route des Balkans était très empruntée actuellement, et qu’un drame comme celui-ci «est justement ce (qu’il) craignait».

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