Elections au Royaume-Uni : les 5 figures à suivre de la campagne

Boris Johnson (Conservateurs), Jeremy Corbyn (Travaillistes), Jo Swinson (Libéraux-démocrates), Nigel Farage (Parti du Brexit) et Nicola Sturgeon (Parti national écossais) sont les cinq visages à suivre lors de cette campagne des législatives. Boris Johnson (Conservateurs), Jeremy Corbyn (Travaillistes), Jo Swinson (Libéraux-démocrates), Nigel Farage (Parti du Brexit) et Nicola Sturgeon (Parti national écossais) sont les cinq visages à suivre lors de cette campagne des législatives. [Tolga AKMEN / AFP, Daniel LEAL-OLIVAS / AFP, Niklas HALLE'N / AFP, Adrian DENNIS / AFP, Andy Buchanan / AFP]

Top départ ce mercredi 6 novembre de la campagne pour les élections générales anticipées du 12 décembre au Royaume-Uni. Une période de cinq semaines qui s'annonce extrêmement tendue et imprévisible, sur fond de Brexit. Cinq visages sont particulièrement à suivre durant celle-ci, qui vont chacun y jouer un rôle majeur.

Boris Johnson

000_1lu0qn-min_5dc2b2346acdb.jpg(©ISABEL INFANTES / AFP)

Excentrique, fantasque, provocateur, gaffeur... Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier le Premier ministre Boris Johnson, arrivé à Downing Street fin juillet après la démission de Theresa May, incapable de mettre en œuvre le Brexit. Lors de cette campagne des élections anticipées, le chef de file des Conservateurs, ex-maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères, joue sa place. Et pourtant, c'est lui qui a été à l'origine de ce scrutin, approuvé par le Parlement, une stratégie risquée destinée à sortir de l'impasse sur le Brexit.

Celui qui a été l'une des figures de proue du camp des pro-Brexit lors du référendum de juin 2016 se présente comme le seul candidat à même de faire sortir son pays de l'UE à la date prévue du 31 janvier 2020, grâce à l'accord de retrait conclu avec l'UE mi-octobre. Sous le slogan «Let's get Brexit done» («Faisons le Brexit»), l'homme à la fameuse tignasse blonde en bataille veut faire campagne sur le divorce avec l'Union, mais pas seulement.

Toutes les questions sociales négligées ces dernières années car éclipsées par le Brexit (éducation, logement, santé, sécurité) sont également au cœur de son programme : il promet notamment d' «investir massivement» dans le service public de santé (NHS), d'augmenter le financement des écoles ou encore de recruter 20.000 policiers supplémentaires. Le compagnon de Carrie Symonds, ancienne directrice de la communication des Tories - de 24 ans sa benjamine -, espère par ailleurs après le Brexit conclure un grand accord de libre-échange avec les Etats-Unis de Donald Trump.

Le dirigeant de 55 ans, surnommé «BoJo», a fait fort pour son début de campagne, en comparant son rival travailliste Jeremy Corbyn au dictateur soviétique Joseph Staline, dans une tribune publiée ce mercredi dans le Telegraph, pointant sa supposée «haine» des milliardaires et du profit.

Jeremy Corbyn

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(©Adrian DENNIS / AFP)

Un eurosceptique à la tête d'un parti majoritairement europhile. Tel est le grand paradoxe de Jeremy Corbyn, le leader du Parti travailliste, principale formation d'opposition outre-Manche. Une position qui lui vaut un certain nombre d'inimitiés au sein même du Labour, duquel il a pris la tête en 2015 en remportant à la surprise générale le vote des adhérents.

Certains Travaillistes critiquent sa neutralité sur le sujet du Brexit. Idem du côté de Boris Johnson, qui juge sa position peu claire. Jeremy Corbyn, député depuis 1983, a déclaré que, s'il était élu Premier ministre, il renégocierait l'accord de sortie avec Bruxelles - qui incluerait notamment le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE -, puis il organiserait un nouveau référendum, assorti de deux choix : l'accord renégocié ou le maintien dans l'UE. Mais l'ancien militant syndical de 70 ans, reconnaissable à sa barbe blanche, refuse de dire vers quelle alternative va sa préférence et pour quel camp son parti ferait campagne.

Persuadé que la victoire ne se jouera pas sur le terrain du Brexit, ce végétarien qui se déplace en vélo veut plutôt insister sur les problématiques nationales. Son programme est l'un des plus à gauche qu'ait connu le Royaume-Uni ces dernières années. Y figurent notamment la renationalisation de nombreuses entreprises, une hausse du salaire minimal et l'abaissement de la durée moyenne du travail hebdomadaire à 32 heures, mesures qui doivent être financées par une hausse des impôts sur les plus riches. Mais cette radicalité, associée à son impopularité au sein de l'opinion britannique, constituent des obstacles majeurs dans la course de Jeremy Corbyn au 10 Downing Street.

Jo Swinson

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(©Niklas HALLE'N / AFP)

Malgré la troisième place des Libéraux-démocrates dans les sondages (à 17 % des intentions de vote, très loin derrière les Conservateurs à 38 % et les Travaillistes à 26 %), leur cheffe, Jo Swinson, croit en ses chances. L'Ecossaise de 39 ans, qui a pris la tête du parti centriste en juillet dernier - devenant alors la première femme à occuper ce poste -, s'est en effet déclarée «candidate» au poste de Premier ministre, assurant qu'elle ferait «du meilleur travail» que Boris Johnson et Jeremy Corbyn.

Cette députée d'une circonscription écossaise, mère de deux enfants, est profondément opposée au Brexit, comme l'ensemble de son parti. Mais sa position est beaucoup plus radicale que celle des Travaillistes. Elle s'est en effet engagée à annuler purement et simplement le Brexit si les Libs-dems parvenaient à obtenir la majorité absolue au Parlement. En effet, «tout type de Brexit portera atteinte à notre économie», a mis en garde Jo Swinson, qui a promis d'investir le «bonus de maintien (dans l'UE)» de «50 milliards de livres» (58 milliards d'euros) dans les services publics (notamment la santé). S'ils n'obtenaient pas la majorité, les Libéraux-démocrates pousseront en faveur d'un second référendum, a précisé la dirigeante aux longs cheveux châtains.

Nigel Farage

000_1lx1ga-min_5dc2de4367bc5.jpg(©Ben STANSALL / AFP)

Même s'il a annoncé qu'il ne se présenterait pas aux élections du 12 décembre, Nigel Farage va, comme à son habitude, jouer les trublions dans ce scrutin. Le leader du Parti du Brexit, créé il y a à peine quelques mois et arrivé largement en tête des élections européennes en mai, a déclaré préférer sillonner le pays pour soutenir les centaines de candidats de sa formation plutôt que de tenter de se faire élire, lui qui a échoué sept fois par le passé à entrer à la Chambre des communes.

Partisan d'une rupture nette avec l'UE (et donc d'un Brexit sans accord, ou «no deal»), cet ancien trader de 55 ans à la gouaille sans pareille a déjà commencé à mettre de l'animation dans la campagne, en proposant une alliance pro-Brexit à Boris Johnson. Une idée vue d'un bon œil par le président américain Donald Trump, mais refusée par le Premier ministre. Face à cette fin de non-recevoir, ce porte-drapeau du «Leave» lors du référendum de juin 2016 a menacé de présenter des candidats de son parti dans tout le Royaume-Uni, mettant ainsi en péril la recherche d'une majorité absolue au Parlement par le Premier ministre conservateur.

Nicola Sturgeon

000_1lg0k5-min_5dc2e24a4aa86.jpg(©ANDY BUCHANAN / AFP)

«Les élections législatives que nous avons le 12 décembre sont les élections les plus importantes de notre époque pour l'Ecosse. L'avenir de notre pays est en jeu.» La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, cheffe du Parti national écossais (SNP), a posé le décor de sa campagne la semaine dernière. Sa seule et unique proposition est l'organisation d'un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, dès l'an prochain, après l'échec de celui de 2014 (55 % de non).

Selon la dirigeante politique de 49 ans, la perspective d'une Ecosse indépendante «est à portée de main». En effet, elle considère que si son parti remporte une majorité de sièges en Ecosse lors des prochaines élections, il sera difficile pour la formation arrivée en tête du scrutin sur le plan national de dire non à sa demande de référendum. Nicola Sturgeon compte notamment sur les Travaillistes pour soutenir l'organisation d'une nouvelle consultation s'ils finissent vainqueurs. Mais Jeremy Corbyn a déjà douché ses espoirs, en déclarant que ce n'était «ni nécessaire ni souhaitable».

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