Etats-Unis : un patron de restaurant condamné pour avoir réduit en esclavage un handicapé mental noir

L'homme était contraint de travailler 100 heures par semaine, six jours sur sept. [Alastair Pike / AFP]

En Caroline du Sud, un restaurateur blanc a été condamné à dix ans de prison pour avoir réduit en esclavage, battu et menacé son employé, un handicapé mental noir.

Selon NBC, la victime, John Christopher Smith, a un QI inférieur à la moyenne. Il avait commencé à travailler dans le restaurant en question à l'âge de 12 ans, pour aider à dresser les tables et participer à la préparation des repas. Un travail qu'il adorait jusqu'à l'arrivée de son nouveau chef, Bobby Paul Edwards, en 2009.

Durant cinq ans, celui-ci l'a contraint à travailler 100 heures par semaine sans être payé. John Christopher Smith devait être présent six jours par semaine de 06h du matin jusqu'à la fermeture. En charge du nettoyage, il ne quittait parfois les lieux qu'à 01h du matin.

contraint par la force

Le tortionnaire battait son employé avec une ceinture et le frappait avec des casseroles et des poêles. A une occasion, il a également brûlé sa victime au cou avec des pinces en métal trempées dans de la graisse chaude. Il lui hurlait dessus et lui proférait des insultes racistes pour l'humilier, selon les déclarations de la Justice.

Les abus se déroulaient dans la chambre froide ou dans un bureau à l'écart. Des témoins ont déclaré que Smith pleurait et suppliait Bobby Paul Edwards d'arrêter. Il devait ensuite retourner travailler.

En outre, la victime vivait dans un logement insalubre qui appartenait à son patron. L'appartement était notamment infesté de cafards.

sauve par un signalement

En octobre 2014, après l'alerte d'un voisin aux autorités, John Christopher Smith a été retiré du restaurant et placé sous le service de protection fédéral des Adultes handicapés. En novembre 2015, il a porté plainte contre Bobby Paul  Edwards, la cafeteria J&J et le patron du restaurant pour esclavage, emprisonnement illégal, discrimination raciste et en raison de son handicap.

Son avocat a déclaré qu'il n'avait jamais dénoncé les abus dont il était victime parce qu'il craignait pour sa vie. Bobby Paul Edwards l'aurait menacé de lui piétiner la nuque et le battre jusqu'à que personne ne puisse le reconnaître, s'il se rendait à la police. Les années d'abus ont laissé des traces physiques sur le jeune homme, qui souffre également d'angoisse mentale et de détresse émotionnelle.

des aveux partiels

Agé de 54 ans, Bobby Paul  Edwards a plaidé coupable pour la charge de «travail forcé». Il a été jugé ce mercredi 6 novembre et a été condamné à payer 272 000 dollars de dommages et intérêts (près de 246 000 euros).

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