La Floride se bat contre l'invasion de dizaines de milliers de pythons

Entre 1996 et 2006, au moins 100.000 pythons ont été relâchés aux Etats-Unis et particulièrement en Floride. [Capture d’écran Twitter / @Time.com].

Confronté à une invasion sans précédent de pythons sur son territoire, l'Etat américain de Floride a déployé une équipe composée d'une trentaine de personnes qui, nuit après nuit, s'échine à chasser ce reptile, espérant ainsi sauver la faune et la flore.

Le travail de ces chasseurs hors du commun est relaté dans une vaste enquête publiée le 6 novembre dernier sur le site de Time Magazine.

Pendant une semaine entière, au mois de juillet dernier, des journalistes du prestigieux hebdomadaire américain ont ainsi accompagné quelques uns d'entre eux, immortalisant leurs exploits dans une série de clichés saisissants, oeuvre du photographe Peter Fisher.

On y suit ainsi le quotidien de Donna Kalil et de sa famille, une Américaine qui, pendant des années, a travaillé dans l'immobilier avant de faire de «l’élimination des pythons», la mission de sa vie pour le compte du Département de gestion des eaux de la Floride du Sud. 

Une espèce considérée comme la plus invasive des Etats-Unis

Dans cette région humide, parsemée à la fois de savanes et de marécages, cette dynamique quinquagénaire contribue donc, parfois à la seule force de ses mains, à maîtriser et réguler la population d'une espèce réputée pour être la plus invasive du pays.

Les pythons ne sont certes pas venimeux, mais ce sont des constricteurs, c'est-à-dire qu'ils tuent leur proie en la serrant jusqu'à la mort.

Originaire d'Asie du Sud-Est, le python est importé aux États-Unis depuis des décennies comme animal de compagnie. Mais Time précise que tout a dégénéré dans les années 1990, lorsque, dans la grande vague des NAC, les nouveaux animaux de compagnie, les arrivées ont augmenté de façon spectaculaire. 

Au moins 100.000 spécimens relâchés dans la nature en une décennie

Et c'est ainsi qu'entre 1996 et 2006, ne voulant plus ou n'arrivant plus à s'en occuper, des propriétaires peu srupuleux ont relâché au moins 100.000 spécimens dans la nature, selon les estimations officielles des autorités. Dans le même temps, sur le terrain, les scientifiques n'ont eu pas d'autre choix que d'assister, impuissants, à une multiplication des reptiles dans des proportions hors normes.

S'il est difficile de connaître combien ils sont exactement - leur territoire s'étendant sur plus de 400.000 hectares - il est en revanche établi qu'ils sont au minimum plusieurs dizaines de milliers à errer dans les Everglades ou à ses abords, et qu'il y a raison de s'alarmer. 

Le python a en effet déjà fait des ravages sur l'écosystème local en décimant d'autres animaux. Selon l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis, la population de ratons-laveurs a ainsi chuté d'environ 99 % entre 1997 et 2012 ; celle de lynx roux de plus de 87 % sur la même période. 

Des pertes qui se répercutent sur toute la chaîne alimentaire locale, affectant également les populations humaines, qui ne trouvent plus, sur place, de moyens de subsistance. 

D'autres cas similaires recensés partout sur le territoire américain

Nuit après nuit, Donna Kalil s'efforce donc de faire cesser les ravages du serpent. Une tâche qui n'est pas facile physiquement mais aussi mentalement, la chasseuse confiant même avoir pleuré la première fois qu'elle a dû en abattre un.

«Cela m'a vraiment énervé pendant des jours. Ce sont des créatures absolument stupéfiantes ; elles ne font tout simplement pas partie d’ici», résume-t-elle.

Dans son enquête Time précise enfin que des cas similaires impliquant d'autres espectes se multiplient partout aux Etats-Unis, avec, à chaque fois, des conséquences plus terribles les unes que les autres.  

Aboutissement d'une mondialisation qui a non seulement rapproché les économies mondiales, mais aussi fait se mélanger la faune et la flore sauvages dans des proportions inimaginables, des porcs sauvages originaires d'Europe sont ainsi désormais installés en surnombre dans les champs du Texas, mettant à mal les cultures locales. De leur côté, des carpes asiatiques ont pris le contrôle des Grands Lacs, supplantant d’autres espèces et réduisant la qualité de l’eau. 

Par conséquent, une course contre la montre est maintenant engagée. Mais alors que les scientifiques travaillent sur de nouveaux moyens pour tenter d’empêcher ces espèces invasives de proliférer - allant jusqu'à étudier les caractéristiques génétiques des plus tenaces - Donna Kalil, continue, elle, de se battre à sa façon : nuit après nuit, et serpent après serpent.  

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