Israël : vers un nouveau blocage gouvernemental ?

La situation politique israélienne plus que jamais dans l'impasse La situation politique israélienne est plus que jamais dans l'impasse. [HEIDI LEVINE / POOL / AFP]

225 jours. C'est le temps écoulé entre les premières élections législatives israéliennes de 2019, en avril dernier, et ce 20 novembre, date à laquelle Benny Gantz doit dévoiler s'il a réussi à former un gouvernement. Car depuis le 9 avril, Israël est enlisé dans un blocage politique, qui pourrait bien se poursuivre.

À 24 heures de l'annonce tant attendue de Benny Gantz, chargé par le président de la République Reuven Rivlin de former un gouvernement, rien n'indique que l'ancien chef de l'état-major ait réussi sa mission. Les négociations avec les partis de gauche, le parti nationaliste d'Avigdor Liebermann ou les députés arabes ne semblent pas avancer. 

Pire, avec l'opération militaire menée dans la bande de Gaza le 12 novembre dernier pour éliminer un commandant militant du jihad palestinien, toute l'activité politique a été mise sur la touche pour régler les tensions meurtrières (34 morts côté palestinien) et les tirs de roquettes du Hamas en direction du pays.

Tout est donc affaire de calculs politiciens, de petits accords entre ennemis et de course contre-la-montre. Si Benny Gantz devrait certainement pouvoir s'entendre avec les partis de gauche et Avigdor Lieberman, cela ne suffit pas à réunir une majorité à la Knesset (Parlement israélien). Il faut donc se rapprocher des petits partis, et c'est ici que le processus coince. 

Avigdor Lieberman et les partis arabes s'attaquent mutuellement depuis de nombreuses années, et il est difficile d'imaginer qu'ils puissent s'entendre, malgré le fait que les deux camps semblent accepter Benny Gantz comme Premier ministre. Même problème avec les partis ultra-orthodoxes juifs, s'opposant diamétralement à Lieberman, qui défend une vision laïque du nationalisme. Depuis sa nomination le 23 octobre, l'objectif de Benny Gantz est donc de faire accepter à certains de mettre leurs divisions de côté. Difficile dans une société qui s'est polarisée au fur et à mesure de l'ère Netanyahou. 

Quelle sortie de crise ?

Si le leader du parti Bleu Blanc ne parvient pas à former son gouvernement, plusieurs possibilités sont sur le tapis. La première est d'organiser à nouveau des élections, les troisièmes en moins d'un an. La deuxième est de nommer une nouvelle personne chargée de former le gouvernement. Et surprise, Benjamin Netanyahou pourrait faire son retour. 

Dans les jours qui viennent, la justice devrait annoncer si le leader du Likoud est inculpé pour corruption ou non. Si ce n'était pas le cas, il ressortirait plus fort de cet épisode, et pourrait réussir à réunir les quelques députés manquant pour former son gouvernement. Si ce n'est pas lui, une autre personnalité devrait émerger, mais personne ne semble en mesure de prendre cette position. Alors qu'Israël est impliqué dans un bon nombre de dossiers internationaux importants, en particulier au Moyen Orient, la crédibilité du pays risque de souffrir de la situation. 

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